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28/01/2014 03:13 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Egypte: un nouveau procès de Morsi doit s'ouvrir, pour évasion en 2011

Un des quatre procès du président islamiste Mohamed Morsi destitué par l'armée doit s'ouvrir mardi en Egypte pour son évasion de prison lors de la révolte populaire de 2011 qui renversa Hosni Moubarak.

Le seul président jamais élu démocratiquement dans ce pays encourt la peine de mort pour s'être évadé de prison avec, selon l'accusation, la complicité de membres du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et de mouvements jihadistes.

Ce nouveau procès doit s'ouvrir au lendemain de l'appel sans surprise que la toute puissante armée égyptienne a lancé à son chef, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi --nouvel homme fort du pays qui a destitué M. Morsi le 3 juillet-- à présenter sa candidature à la toute prochaine élection présidentielle. Et ce, trois ans presque jour pour jour après la révolte populaire qui, dans la lignée du Printemps arabe, avait mis fin à 30 années de règne absolu de Hosni Moubarak, ex-général lui même propulsé par l'armée à la tête du pays après l'assassinat d'Anouar el-Sadate.

M. Morsi, qui dénonce des "procès politiques" intentés par le pouvoir "illégitime" des auteurs d'un "coup d'Etat" contre lui, doit comparaître mardi devant un tribunal installé au coeur de l'académie de police du Caire, une enceinte protégée par un imposant dispositif policier et militaire.

Il est jugé avec 132 co-accusés, dont 70 membres du Hamas et du Hezbollah par contumace, ainsi que des jihadistes. Ils sont accusés de s'être évadés, en pleine révolution contre Moubarak, à la faveur d'attaques de postes de police et de prisons par des membres de ces organisations et des Frères musulmans, l'influente confrérie de M. Morsi qui a remporté toutes les élections depuis trois ans.

Lors de ses attaques, des policiers avaient été tués et des milliers de détenus s'étaient échappés.

M. Morsi, arrêté le jour de sa destitution, est sous le coup de quatre procès, encourant la peine capitale dans trois d'entre eux.

Et depuis sept mois, le nouveau pouvoir mis en place par le maréchal Sissi, vice-Premier ministre, ministre de la Défense et très probable candidat à la présidentielle prévue dans les trois mois, mène une implacable répression contre toute manifestation des pro-Morsi. Selon Amnesty International, quelque 1.400 personnes ont été tuées dans des manifestations depuis le 3 juillet, des manifestants islamistes pour l'immense majorité.

gir/cco

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