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27/01/2014 05:18 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Tunisie: cérémonies après le vote de la Constitution avec les élections en objectif

Les dirigeants tunisiens doivent signer lundi la nouvelle Constitution, parachevant ce texte historique adopté dans la douleur, plus de trois ans après la première révolution du Printemps arabe, tandis que les politiques pensent déjà aux élections prévues en 2014.

Une première cérémonie est prévue en fin de matinée au siège de l'Assemblée nationale constituante (ANC) lors de laquelle la loi fondamentale sera signée par le chef de l'Etat Moncef Marzouki, le président de l'Assemblée Mustapha Ben Jaafar, et le Premier ministre démissionnaire, l'islamiste Ali Larayedh.

Après sa publication au Journal officiel, elle entrera en vigueur par étapes, notamment dans l'attente de l'élection d'un Parlement et d'un président de la République conformément aux dispositions constitutionnelles.

Des représentants étrangers sont attendus à cette occasion, notamment le président du Sénat français, Jean-Pierre Bel.

Une deuxième réception est prévue dans l'après-midi au palais présidentiel.

L'adoption de la Constitution a été saluée à l'étranger, alors que la Tunisie, malgré une transition très chaotique, a réussi à préserver sa stabilité contrairement à d'autres pays du Printemps arabe dont elle est le berceau.

"Je félicite la Tunisie pour l'adoption de sa nouvelle constitution qui représente un progrès important dans la transition démocratique du pays", a souligné Catherine Ashton, haute représentante pour les Affaires étrangères de l'Union européenne.

Le secrétaire-général des Nations unies, Ban Ki-moon a lui loué une "étape historique" et estimé que la Tunisie représentait un "modèle pour les autres peuples aspirant à des réformes".

L'ANC a approuvé dans la nuit de dimanche à lundi la Constitution par une majorité écrasante après plus de deux ans de travaux chaotiques, ralentis par la méfiance régnant entre les islamistes d'Ennahda et leurs détracteurs.

Son adoption a été rendu possible par le retrait du pouvoir d'Ennahda qui laisse la place à un gouvernement d'indépendants dirigé par Mehdi Jomaâ. Sa composition a été achevée dimanche soir et il doit obtenir la confiance des députés dans les jours à venir.

C'est ce cabinet qui devra conduire la Tunisie vers des élections et juguler enfin la crise politique qui mine le pays depuis l'assassinat, attribué aux jihadistes, du député Mohamed Brahmi.

Le regard tourné vers les élections

Sa principale tâche sera de créer les conditions pour des législatives et une présidentielle avant la fin de l'année.

Les politiques et les diplomates ont d'ailleurs déjà le regard tourné vers ces échéances, les islamistes tablant même sur des élections en octobre.

"Dans six semaines, il y aura une loi électorale. La visibilité est claire jusqu'aux élections qui auront lieu probablement en octobre 2014", a déclaré à l'AFP Ameur Larayedh, un haut responsable d'Ennahda dans les couloirs de la Constituante.

"La Tunisie est en train de bâtir son modèle démocratique", a-t-il ajouté.

Mme Ashton a pour sa part appelé dans son communiqué "le nouveau gouvernement à déployer tous les moyens de l'Etat en vue de l'organisation, dans les meilleurs délais, d'élections transparentes et crédibles".

Les dates officielles des scrutins doivent être fixées par l'instance électorale (ISIE) qui n'a été formée que début janvier.

Le président de l'ISIE, Chafik Sarsar a pour sa part dit à l'AFP que "les élections auront lieu avant 2015" conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution.

Il a par ailleurs indiqué espérer que la vie politique se trouverait pacifiée maintenant que la loi Fondamentale a été adoptée dans l'euphorie à l'ANC.

"C'est un grand soulagement (...) j'espère que l'ambiance d'hier va se poursuivre afin de mener le pays sur le bon chemin", a-t-il dit.

Depuis la révolution de janvier 2011, la transition démocratique de la Tunisie a été déstabilisée par la méfiance entre les islamistes et leurs détracteurs, l'essor de la mouvance jihadiste et les conflits sociaux à répétition.

Le gouvernement de M. Jomaâ est d'ailleurs confronté à de nombreux défis. Les assassinats des opposants Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi n'ont pas été véritablement élucidés et la situation économique restant très difficile si bien que des vagues de violences, nourries par la misère, éclatent régulièrement.

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