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27/01/2014 08:33 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Syrie : négociations de paix bloquées à Genève

Les négociations de paix à Genève sur le conflit syrien sont bloquées après l'incapacité des émissaires de Bachar al-Assad et de l'opposition à discuter lundi de la délicate question du transfert de pouvoir.

Réunis pour la troisième journée consécutive au siège de l'ONU à Genève, les deux délégations devaient aborder les questions politiques après avoir discuté pendant le week-end de questions humanitaires, comme la situation à Homs et le problème des milliers de prisonniers et de disparus du conflit.

Mais la réunion de lundi matin a tourné court.

"Les discussions n'ont pas été constructives aujourd'hui en raison de l'attitude du régime qui a voulu dévier des discussions qui devaient porter sur l'application de Genève I", le texte rédigé en juin 2012 par les grandes puissances, a déclaré Rima Fleyhane, membre de la délégation de l'opposition.

"La délégation du régime a voulu changer le sujet de discussion en parlant de terrorisme", a-t-elle ajouté.

Une source proche de la délégation du régime a confirmé à l'AFP le blocage en expliquant que "l'opposition avait rejeté la feuille de travail (présentée par Damas) et avait demandé qu'on parle uniquement de l'organe gouvernemental de transition".

Le médiateur de l'ONU, Lakhdar "Brahimi, a alors levé la séance", selon cette source.

L'opposition considère depuis le début que "Genève I" est synonyme de gouvernement de transition et de départ du président Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 2000. Le régime considère, quant à lui, qu'il ouvre la voie à un gouvernement d'union élargi et écarte le scénario d'un départ d'Assad.

Ce blocage n'est pas surprenant tant la question du transfert de pouvoir est une "ligne rouge" pour les deux délégations.

Depuis samedi les deux délégations se parlaient par médiateur interposé, mais les questions politiques de fond avaient été évitées, les discussions se focalisant sur des "mesures humanitaires de confiance", avec la situation des populations assiégés dans la vieille ville de Homs et le sort des prisonniers et des disparus. La première rencontre avec un ordre du jour strictement politique après les réunions de samedi et dimanche a eu lieu lundi matin et a donc abouti à une impasse.

Des experts politiques et en droit international qui ont participé à la rédaction de la décision de Genève I devaient expliquer aux deux délégations le contenu de Genève I, selon un membre de la délégation de l'opposition.

Lundi matin, le quotidien gouvernemental syrien Techrine avait répété le credo du régime : "la délégation gouvernementale à Genève II n'est pas partie à la Conférence pour remettre le pouvoir à ceux qui ont comploté contre le peuple pendant les trois dernières années".

Le quotidien al-Watan, proche du pouvoir à Damas, titrait pour sa part sur "l'effondrement des négociations désormais possible".

L'opposition attend des "garanties" à Homs

Lakhdar Brahimi a obtenu dimanche du régime la promesse de laisser les femmes et les enfants assiégés depuis des mois dans le centre de Homs quitter la ville.

Mais l'annonce a été accueillie avec scepticisme dans les quartiers rebelles de Homs où l'opposition réclame des "garanties" que les civils ne soient pas arrêtés par le régime en sortant de la ville.

L'ONU espère également que des convois d'aide humanitaire rentrent dans les quartiers rebelles de Homs. Souvent considéré comme le foyer de la contestation, Homs a payé au prix fort son opposition à Bachar al-Assad. Les quartiers rebelles sont assiégés depuis juin 2012 par l'armée régulière qui les bombarde régulièrement et des milliers de Syriens y vivent dans des conditions épouvantables, manquant de nourriture et de médicaments.

Dimanche, les négociateurs s'étaient penchés sur le problème des prisonniers et des disparus, un phénomène qui s'est amplifié depuis que le mouvement de contestation de mars 2011 s'est transformé en guerre civile qui a fait plus de 130.000 morts et des millions de réfugiés et de déplacés.

L'opposition affirme avoir établi une liste de 47.000 personnes détenues dans les prisons du régime. Elle a présenté au cours des négociations une première liste avec les noms de 2.300 femmes et enfants. "S'il y a un échange, les femmes, les enfants et les plus vulnérables sont la priorité", a déclaré Monzer Aqbiq, porte-parole de la délégation de l'opposition.

Il n'existe pas de chiffres exacts concernant les prisonniers et les disparus, mais l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), fer de lance dans le conflit syrien, évoque 17.000 disparus et des "dizaines de milliers" de prisonniers dans les prisons du régime.

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