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27/01/2014 11:42 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

L'ONU condamne le versement de rançon en cas d'enlèvement terroriste

Le Conseil de sécurité a adopté lundi une résolution demandant aux Etats membres de ne pas verser de rançon, financière ou politique, aux terroristes en cas d'enlèvement ou de prise d'otages.

Ce texte, première résolution spécifiquement consacrée à ce sujet, réaffirme de précédents engagements anti-terroristes pris dans le cadre de l'ONU ou du dernier sommet du G8 de juin 2013 en Irlande du Nord.

Il "demande à tous les Etats membres d'empêcher les terroristes de profiter directement ou indirectement de rançons ou de concessions politiques et de faire en sorte que les otages soient libérés sains et saufs".

Adoptée à l'unanimité à l'initiative du Royaume-Uni, soutenu par la France et les Etats-Unis notamment, la résolution souligne que les enlèvements et prises d'otages perpétrées par des groupes comme Al-Qaida se multiplient et que "les rançons versées (..) constituent l'une des sources de revenus" de ces groupes.

"Nous estimons que depuis trois ans et demi, les groupes affiliés à Al-Qaida et d'autres groupes islamistes extrémistes ont récolté (ainsi) au moins 105 millions de dollars", a expliqué à la presse l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant.

Il a cité notamment la prise d'otages contre un site gazier en Algérie il y a un an. "Cette attaque (à In Anemas) démontre jusqu'où les terroristes sont prêts à aller pour prendre des otages", a-t-il souligné, ajoutant que les enlèvements contre rançon devenait "un modèle économique lucratif".

Pour la première fois, la résolution invite aussi les Etats à coopérer dans ce domaine avec le secteur privé, c'est-à-dire les entreprises dont les employés sont pris en otages.

Le texte "demande à tous les Etats membres d'encourager les partenaires du secteur privé à adopter (..) les bonnes pratiques qui s'imposent pour prévenir les enlèvements terroristes ou y faire face sans verser de rançon".

Cette résolution, a reconnu l'ambassadeur, est en principe contraignante mais ne prévoit pas de sanctions en cas de non-respect et il appartient à chaque pays de la traduire dans sa législation nationale. "Cela fait partie d'un combat plus large (..), c'est une première étape d'un processus", a-t-il expliqué. Il a souligné que la Royaume-Uni ne payait pas de rançon en cas d'enlèvement terroriste et qu'il était "illégal" de le faire selon la législation britannique.

avz/rap

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