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27/01/2014 04:04 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Kaboul libérera une trentaine de prisonniers malgré les critiques des États-Unis

KABOUL - Le gouvernement afghan a amorcé le processus de libération d'une trentaine de prisonniers malgré les critiques des États-Unis qui estiment ces personnes hautement dangereuses, ont indiqué lundi des responsables. Il s'agit du plus récent signe de détérioration des relations entre les deux pays à l'approche du retrait de fin d'année de la plupart des soldats en mission internationale de combats.

La libération des prisonniers a suscité une dénonciation virulente des autorités militaires des États-Unis, qui soutiennent que les 37 prisonniers devant être libérés sont des «insurgés dangereux qui ont du sang afghan sur les mains». Selon les États-Unis, des éléments de preuve solides contre ces personnes justifieraient de nouvelles enquêtes ou actions en justice, tels que des relevés d'ADN les liant à des explosions en bordure de route ou des résidus d'explosifs sur leurs vêtements.

Le gouvernement du président afghan Hamid Karzaï a repoussé le risque évoqué par les États-Unis que ces prisonniers reprennent un cycle de violences une fois libérés, et a profité de cet enjeu pour tester sa relation avec Washington alors que les deux parties peinent à s'entendre sur la présence étrangère post-2014.

M. Karzaï a amplifié sa rhétorique anti-américaine depuis qu'il a refusé de signer un accord qui permettrait à des milliers de soldats américains de rester au pays à la fin de la mission de combat sous l'égide de l'OTAN. Plutôt, il a dit vouloir remettre ce dossier après la désignation de son successeur en Afghanistan lors de l'élection présidentielle du 5 avril.

L'administration Obama l'exhorte à changer d'avis, avertissant que les forces afghanes ont encore besoin de formation pour combattre une insurrection persistante.

Plus tôt ce mois-ci, M. Karzaï a ordonné la libération de 72 des 88 détenus dans une prison de Parwan. Le président afghan avait qualifié ces installations de «fabrique de talibans» où des Afghans innocents sont torturés pour les amener à retourner leur veste contre leur pays.

Les autorités militaires américaines avaient contesté la décision de libérer les détenus, mais ont affirmé lundi qu'un comité d'examen afghan leur avait donné tort et avait autorisé «la libération d'insurgés dangereux».

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