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27/01/2014 06:59 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Genève 2 : les négociateurs attendent un geste humanitaire de Damas

Le gouvernement syrien est invité à passer de la parole aux actes lundi et à autoriser l'entrée d'un convoi humanitaire dans la ville de Homs pour donner un peu d'élan aux pourparlers sur la Syrie qui progressent laborieusement à Genève.

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad, a assuré dimanche que Damas était disposée à laisser les femmes et les enfants quitter immédiatement le centre de Homs, assiégé depuis des mois par les forces de Bachar Al-Assad.

Les délégués des deux camps, réunis depuis la semaine dernière au bord du lac Léman, ont également évoqué des libérations de prisonniers.

Le médiateur des Nations unies Lakhdar Brahimi, qui a présidé samedi le premier face-à-face entre l'opposition et le régime syrien depuis le début du soulèvement anti-Assad en mars 2011, parie que des accords sur des points concrets permettront de créer un minimum de confiance entre les deux camps avant de basculer sur les questions politiques, sur lesquelles les positions des uns et des autres sont diamétralement opposées.

Le diplomate algérien espère organiser ce lundi une nouvelle séance de discussions directes consacrée à la transition.

Reconnaissant la lenteur des négociations en cours, formellement ouvertes mercredi lors d'une conférence internationale à Montreux, Lakhdar Brahimi a déclaré: « C'est une négociation politique (...) Notre négociation n'est pas le principal forum pour débattre des questions humanitaires. Mais nous avons estimé qu'il était impossible d'entamer une négociation sur la Syrie sans débattre de la situation humanitaire très grave qui règne là-bas. » 

Blocus

L'opposition affirme que 500 familles ont un besoin urgent de nourriture et de médicaments à Homs, l'un des premiers foyers de la contestation contre le régime en 2011.

Alors que les rebelles de la ville demandent une levée totale du blocus, Fayçal Mekdad a assuré dimanche que les forces gouvernementales laisseraient femmes et enfants quitter la vieille ville et leur fourniraient protection et médicaments.

Les diplomates occidentaux soulignent qu'en l'absence de geste concret, Damas pourrait s'exposer à une nouvelle résolution du Conseil de sécurité à laquelle Moscou et Pékin seraient priés de ne pas opposer leur veto.

« La balle est toujours dans le camp du régime. On croit savoir qu'une note est partie à Damas pour demander des instructions », a déclaré un diplomate occidental.

Sur le volet politique, rien n'indique un quelconque infléchissement de part et d'autre. Fayçal Mekdad a répété dimanche que « le président de la République arabe syrienne reste jusqu'à ce que le peuple syrien dise le contraire », évacuant la question du départ de Bachar Al-Assad.

Louay Safi, porte-parole de l'opposition, estime que la séance de lundi avec Brahimi montrera dans quelle mesure le gouvernement est prêt à négocier: « Demain, nous commencerons à parler de transition de la dictature à la démocratie. »

Sur la question des prisonniers, Lakhdar Brahimi a indiqué que l'opposition avait soumis au régime une liste de 47 000 prisonniers et de 2500 femmes et enfants dont ils réclament la libération. Elle s'est également engagée à fournir une liste des personnes détenues par les groupes rebelles, même si beaucoup de ces derniers ne reconnaissent pas l'autorité des négociateurs.

Fayçal Mekdad a déclaré que le gouvernement avait examiné la liste des 47 000 et qu'il était parvenu à la conclusion que la plupart de ces personnes n'avaient jamais été détenues ou qu'elles avaient été libérées. Il a nié la détention d'enfants.

Soulignant la difficulté de mettre en œuvre des accords sur le terrain, l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), qui tente depuis une semaine d'acheminer des vivres dans le faubourg de Yarmouk, à la lisière sud de Damas, accuse les autorités syriennes d'entraver ses efforts malgré leurs promesses de collaboration.

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