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27/01/2014 08:44 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

<em>Angry Birds</em>, un outil de surveillance, selon Snowden

Des documents envoyés à des médias par l'ex-analyste informatique Edward Snowden avance que l'agence de surveillance américaine NSA et l'agence de renseignement britannique GCHQ utilisent des applications mobiles comme celle du jeu Angry Birds dans le cadre de leurs activités de surveillance.

Les documents ont été publiés lundi par le journal américain The New York Times, le quotidien britannique The Guardian et le site américain d'enquête ProPublica.

Les documents affirment que les applications sociales, les applications de cartographie et celles de jeux sont un outil de choix pour la NSA puisqu'elles récoltent des informations de localisation sur les gens, leur âge, leur appartenance politique ou même leur orientation sexuelle. Tant les États-Unis que la Grande-Bretagne auraient accès à ces données récoltées par plusieurs applications dans le monde.

Google Maps serait une autre de ces applications mobiles utilisées par la NSA, selon les documents, tout comme l'application de Facebook, celle de LinkedIn ou celle de Flickr, qui sert à publier des images.

Depuis 2007, la NSA et la GCHQ auraient travaillé ensemble afin de collecter et stocker des informations prélevées à partir d'applications mobiles. Pour la seule année 2007, l'agence américaine aurait consacré 767 millions de dollars à ce programme, quatre fois plus que l'année précédente.

La NSA n'a pas commenté directement les allégations publiées lundi, mais elle a publié un communiqué affirmant - comme elle l'a déjà dit par le passé - que les communications des personnes qui ne sont pas considérées comme « des cibles valables de l'agence » ne l'intéressaient pas. « Toutes les allégations selon lesquelles la NSA se concentre sur les communications des Américains ordinaires sur les téléphones intelligents ou les médias sociaux sont fausses », a répliqué la NSA.

L'agence britannique GCHQ a quant à elle déclaré que ses activités de renseignement étaient « autorisées, nécessaires et proportionnées ».

L'intérêt des agences de renseignements pour les téléphones mobiles et les réseaux sociaux ont déjà fait l'objet de nombreux documents d'Edward Snowden par le passé, mais ces révélations concernant les applications mobiles spécifiquement montrent bien à quel point il est facile de détourner l'utilisation de petits logiciels employés quotidiennement, pour qu'ils servent d'instrument d'espionnage.

Devant l'ampleur du scandale sur la surveillance de la NSA, le président américain Barack Obama a annoncé ce mois-ci un encadrement plus strict des activités de l'agence en matière de collecte des métadonnées téléphoniques. Rien n'a cependant été spécifié sur la surveillance des programmes informatiques comme les applications mobiles, susceptibles de donner un accès aux données personnelles des utilisateurs.

Le gouvernement américain a annoncé lundi qu'il permettrait à des entreprises comme Facebook, Google, LinkedIn, Microsoft et Yahoo! de rendre publiques « plus d'informations que jamais » sur la surveillance dont font l'objet leurs clients. Le procureur général des États-Unis, Eric Holder, et le directeur de la sécurité nationale, James Clapper, ont expliqué que ces entreprises pourraient par exemple donner le nombre de comptes clients surveillés à la suite d'une demande d'une agence de renseignement.

M. Holder a indiqué dans une lettre envoyée aux cinq géants « les moyens supplémentaires à la disposition de [leur] entreprise » à cette fin. Les cinq groupes ont en échange retiré leur plainte auprès du Foreign Intelligence Surveillance Court, un tribunal secret supervisant les programmes de surveillance.

Un nouveau directeur pour la NSA

Par ailleurs, selon le Washington Post, Barack Obama s'apprêterait à nommer le vice-amiral et directeur du Cyber Command, Michael Rogers, directeur de la NSA. L'actuel directeur de la NSA, le général Keith Alexander, doit partir sous peu à la retraite. Il était en poste depuis 2005.

Le vice-amiral Michael Rogers, dont la nomination, une fois annoncée, devra encore être validée par le Sénat, gardera la double casquette de directeur de la NSA et de chef du Cyber Command.

Alors que la mission de la NSA consiste à espionner les communications, qui passent de plus en plus par Internet, celle du Cyber Command, créé en 2009, est de protéger les réseaux militaires des attaques informatiques et de mener lui-même ce type d'attaques.

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