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27/01/2014 12:56 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Chômage en France: la promesse de Hollande n'a pas été tenue

Le président François Hollande a échoué dans sa promesse d'inverser en 2013 la courbe du chômage en France, avec une nouvelle augmentation en décembre qui porte à 3,3 millions le nombre record de chômeurs, selon des chiffres officiels publiés lundi.

"Depuis plusieurs mois, la tendance en matière de chômage est à la stabilisation et ce que nous devons faire, c'est la diminution, l'inversion" de la tendance haussière, a reconnu le président français lors d'une conférence de presse à Ankara lundi, ajoutant : "stabiliser, c'est ce que nous avons réussi (bien réussi), ne suffit pas".

Le président, qui s'exprimait juste avant l'annonce des chiffres officiels, s'était engagé à de multiples reprises ces derniers mois à inverser la courbe ascendante du chômage fin 2013 mais l'embellie constatée en octobre a été pratiquement effacée par une rechute le mois suivant.

"L'inversion de la courbe du chômage pour l'ensemble des classes d'âge ne s'est pas encore réalisée sur le dernier trimestre, même si nous en sommes très proches", a commenté lundi le ministère du Travail dans un communiqué.

En 2013, le nombre de demandeurs d'emplois a augmenté de 177.800 (+5,7%), après +283.800 en 2012 (+10%), ce qui fait toutefois dire au ministère que l'année "aura été marquée par un net mouvement d'amélioration".

En incluant les chômeurs ayant eu une petite activité, Pôle emploi, l'agence chargé des chômeurs en France, dénombrait 4,89 millions d'inscrits fin décembre, un autre record historique.

Une "stabilisation, c'est déjà considérable", avait plaidé dimanche le ministre du Travail Michel Sapin, laissant entendre que l'inversion ne serait pas au rendez-vous.

"L'inversion de la courbe du chômage a été entamée", a assuré lundi matin le ministre de l'Economie Pierre Moscovici.

"Un coup, c'est inversion, un coup, c'est stabilisation, un coup, c'est un ralentissement de la hausse, on va finir par avoir l'inversion de l'inversion, c'est-à-dire l'augmentation", a ironisé le patron du syndicat Force ouvrière, Jean-Claude Mailly. L'inversion de la courbe, "c'est un pari raté. Il faut le dire clairement", avait-il lancé dimanche.

L'Unédic, l'organisme paritaire qui gère l'assurance chômage, ne s'attendait pas à un miracle et tablait sur une quasi-stabilisation du chômage fin 2013. En 2014, faute d'une reprise robuste, il prévoit qu'il y aura 63.200 chômeurs supplémentaires.

Plus de 63.000 défaillances d'entreprises ont d'ailleurs été enregistrées en 2013, le niveau atteint au plus fort de la crise en 2009.

"Même si le chômage baisse légèrement" grâce aux "emplois aidés" qui bénéficient d'une incitation fiscale, "on ne pourra pas dire qu'il y a une inversion de la tendance. Celle-ci ne se fera qu'avec des créations d'emplois dans le secteur privé", souligne-t-il.

Mi-janvier, François Hollande a d'ailleurs reconnu lui-même à demi-mots qu'il avait échoué.

"Ai-je fait des erreurs ?"

"Est-ce que j'ai fait des erreurs ? Sans doute. Est-ce que c'était celle d'avoir annoncé ou promis l'inversion de la courbe du chômage? Mais si je ne l'avais pas fait, beaucoup m'auraient demandé +mais qu'avez-vous comme objectif?+", s'est-il justifié.

Il a demandé désormais à être jugé "à la fin du quinquennat".

Le chef de l'Etat, qui joue en partie sa crédibilité sur la baisse du chômage, a aussitôt engagé "une nouvelle étape". Il a proposé un "pacte de responsabilité" aux entreprises pour qu'elles embauchent en contrepartie d'environ 30 milliards d'euros d'allègements de charges d'ici 2017.

"C'est maintenant que tout se joue", a-t-il expliqué la semaine dernière aux syndicats et au patronat, parlant même d'une "démarche de salut public" et demandant "la participation de tous".

Reste à savoir si les entreprises joueront le jeu et quand l'impact sur l'emploi sera perceptible.

Vu la faiblesse de la croissance, attendue autour de 1% en 2014, les économistes restent circonspects. Selon l'institut des statistiques Insee, le taux de chômage actuellement à 10,5% devrait ainsi continuer à grimper pour atteindre 10,6% fin juin.

Hasard du calendrier? Lundi, patronat et syndicats étaient reçus par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour mettre en chantier le Pacte de responsabilité.

L'opinion reste sceptique: selon un récent sondage Ifop, 73% des Français ne font pas confiance aux entreprises pour créer des emplois en échange d'une baisse des charges.

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