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27/01/2014 10:43 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Blocus de Leningrad : le président allemand dit sa honte à Poutine

Le président allemand Joachim Gauck a exprimé sa "profonde honte", dans une lettre à son homologue russe Vladimir Poutine lundi, à l'occasion des 70 ans de la levée du blocus nazi de Leningrad.

"L'Allemagne est consciente de sa responsabilité historique pour la souffrance infligée aux habitants de Leningrad (nom soviétique de Saint-Pétersbourg, ndlr) et pour la brutalité avec laquelle ses soldats, ses troupes et ses commandos SS ont mené la guerre", a écrit M. Gauck, dont la fonction en Allemagne est essentiellement honorifique.

"Je vous le dis, à vous et à votre peuple : nous partageons la souffrance des victimes et nous compatissons à la douleur des survivants qui aujourd'hui encore ressentent les séquelles de la guerre", a dit M. Gauck, ancien citoyen de la République démocratique allemande (RDA) communiste.

Et d'ajouter, dans cette lettre adressée à M. Poutine --né après la guerre mais qui a révélé en 2012 que son frère aîné était mort en bas âge à Leningrad pendant le siège-- : "il est de notre devoir de préserver la mémoire de la souffrance que les Allemands ont infligée aux Russes".

M. Gauck a récemment indiqué qu'il comptait faire une visite d'Etat en Russie dont la date n'a pas encore été communiquée.

Alors que la Russie a célébré lundi les 70 ans de la levée du blocus de Leningrad, qui a fait plus d'un million de morts de faim, le Bundestag --chambre basse du Parlement allemand-- a rendu hommage aux victimes du national-socialisme, 69 ans après la libération du camp d'extermination d'Auschwitz par l'Armée rouge.

L'écrivain russe Daniil Granin qui a survécu au blocus de Leningrad, est venu témoigner des souffrances de son peuple dans cette ville russe devant les parlementaires allemands.

"La mort venait en silence, chaque jour. En février, près de 3.500 personnes sont mortes de faim chaque jour", a raconté M. Granin, 95 ans, qui a tenu à rester debout pendant toute son allocution de près de quarante minutes.

"Pendant longtemps, je n'ai pas pu pardonner aux Allemands, qui ont anéanti pendant 900 jours les civils (...) Ils ont anéanti des gens qui ne pouvaient pas se défendre", a-t-il déclaré.

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