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27/01/2014 03:51 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Béchir appelle au dialogue, veut une "renaissance" pour le Soudan

Le président Omar el-Béchir a appelé lundi à un dialogue politique et une "renaissance" politique et économique au Soudan, après que plusieurs figures de son régime, en place depuis 25 ans, ont fait dissidence ces derniers mois réclamant des réformes urgentes.

Ce n'est pas le premier appel de M. Béchir en faveur d'un dialogue global notamment avec les rebelles armés, mais cette fois-ci, il s'est directement adressé aux figures de l'opposition --notamment les membres dissidents de son parti-- qui étaient sur place dans la salle des conférences pour ce discours, tout comme les partis politiques liés au gouvernement, les ministres et des diplomates étrangers.

Parmi les personnalités politiques présentes, figurait notamment Hassan al-Tourabi, leader islamiste écarté en 2000 des instances dirigeantes du Parti du Congrès national (NCP, parti au pouvoir) et qui a formé son propre parti, le Congrès populaire. C'est la première fois depuis 14 ans que M. Tourabi, qui a été le mentor de M. Béchir avant de devenir l'un de ses adversaires les plus virulents, assiste à un évènement du NCP.

Le président Béchir a appelé lors de son discours à une "renaissance" politique et économique pour son pays, ravagé par les conflits, la pauvreté et l'instabilité politique.

"Nous, au sein du Parti du Congrès national, appelons les Soudanais à participer à cette renaissance", a dit le président Béchir précisant qu'il entendait s'attaquer à quatre questions: la paix, la liberté politique, la réduction de la pauvreté et l'"identité soudanaise".

"La paix est la première priorité", a affirmé le président Béchir, qui est recherché par la Cour pénale internationale pour soupçons de génocide et crimes de guerre dans la région occidentale du Darfour en proie aux violences depuis 2003.

"Il ne peut y avoir de développement politique ou économique, sans paix", a-t-il ajouté, alors que le Soudan est miné par une profonde crise économique, un isolement international et des mouvements rebelles dans plusieurs régions.

Le président a également affirmé que "la liberté des personnes devait être respectée", ajoutant que la liberté d'action des partis politiques "n'était pas seulement limitée aux élections", sans détailler ses propositions.

"Le discours n'était pas à la hauteur de nos attentes", a déclaré M. Tourabi à la presse après l'allocution du président. "Je n'ai rien entendu sur la liberté d'action politique, ni sur la liberté de la presse".

Hassan al-Tourabi comme d'autres figures d'opposition ont été arrêtés à plusieurs reprises alors que des restrictions ont été imposées à des organes de presse d'opposition.

M. Tourabi était assis aux côtés de Ghazi Salaheddine Atabani, ancien conseiller du président qui s'est récemment séparé du parti au pouvoir fondant en décembre un nouveau parti "Réforme". Avec eux était assis le dirigeant du parti d'opposition Oumma, Sadek al-Mahdi, qui était Premier ministre quand M. Béchir a mené son coup d'Etat en 1989.

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