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27/01/2014 10:59 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Abdel Fattah al-Sissi, personnalité la plus populaire d'Egypte

Le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, mandaté par l'armée qu'il dirige pour se présenter à la présidence, est de loin la personnalité la plus populaire de l'Egypte, ses partisans le comparant désormais au leader charismatique Gamal Abdel Nasser.

Le 3 juillet, c'est lui qui apparaissait sur les écrans de télévision pour annoncer la destitution du seul président jamais élu démocratiquement du pays, l'islamiste Mohamed Morsi issu de l'influente confrérie des Frères musulmans.

Le maréchal Sissi et Gamal Abdel Nasser --lui aussi un militaire--, devenu dans les années 1950 et 1960 le champion du panarabisme et des Non-Alignés, ont d'ailleurs un point commun: à plusieurs décennies d'écart, ils ont chacun mené une sanglante répression des Frères musulmans.

Mais contrairement à Nasser et à ses discours passionnés, le maréchal Sissi, chef de l'armée mais aussi ministre de la Défense et vice-Premier ministre au sein d'un pouvoir intérimaire qu'il a lui-même installé, s'exprime peu en public mais toujours d'une voix doucereuse, travaillant postures et intonations.

Agé de 59 ans, Abdel Fattah al-Sissi était entré au gouvernement sous la présidence Morsi en août 2012. Sa nomination avait alimenté de nombreuses spéculations sur une mise au pas de l'armée et sur une possible allégeance de l'institution militaire aux nouveaux dirigeants islamistes auxquels elle était autrefois hostile.

Son entourage le décrit comme pieux, affirme qu'il met un point d'honneur à accomplir ses prières et que son épouse, comme la très grande majorité des Egyptiennes, porte le hijab.

Quelques jours avant de le déposer et de l'arrêter le 3 juillet, les militaires avaient lancé au président Morsi un ultimatum, affirmant répondre au désir de millions de manifestants qui étaient descendus dans la rue réclamer son départ.

Au même moment, Sissi --alors général-- assistait à un discours vindicatif du président Morsi, le sourire aux lèvres alors que le chef d'Etat poursuivait ses diatribes. Quelques jours plus tard, son ministre de la Défense l'enverrait en prison.

Depuis, la popularité de celui qui a été nommé lundi maréchal puis mandaté par l'armée pour se présenter à la présidentielle ne cesse de grandir, son portrait s'étale partout, dans les rues et les commerces, et même dans certaines administrations.

Face à cette ferveur populaire, plusieurs poids lourds de la classe politique ont déjà annoncé qu'ils ne se présenteraient pas si M. Sissi se portait candidat. Il s'agit notamment de l'ancien secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa ou Hamdeen Sabbahi, figure historique de la gauche qui s'était hissée à la troisième place lors de la présidentielle de 2012 qui a qualifié le général de "héros populaire".

Mais pour les pro-Morsi qui continuent de manifester quotidiennement "Sissi est un assassin", selon des slogans tagués par des partisans du président destitué sur les murs du Caire, des slogans toutefois rapidement éclipsés par les nombreux portraits du général.

Mi-2011, alors chef du renseignement militaire et membre du Conseil suprême des forces armées qui avait assuré l'intérim entre Hosni Moubarak, chassé du pouvoir par la révolte de 2011, et Mohamed Morsi, le général Sissi avait justifié les tests de virginité pratiquées par l'armée sur des manifestantes, selon Amnesty International.

Il avait toutefois souligné "la nécessité de changer la culture des forces de sécurité et donné des assurances que des instructions avaient été données de ne pas utiliser la violence contre les manifestants", selon Amnesty.

Né au Caire en novembre 1954, diplômé en sciences militaires de l'académie militaire égyptienne en 1977, il a ensuite étudié dans une académie militaire britannique en 1992 avant de rejoindre, comme de nombreux officiers égyptiens, une école militaire américaine en 2006 où il a rédigé un mémoire intitulé "La démocratie au Moyen-Orient" dans lequel il insiste sur le rôle de l'islam dans la législation notamment.

Il a quatre enfants, une fille et trois garçons ayant rejoint les rangs de l'armée et dont l'aîné est marié à la fille de l'actuel chef des renseignements militaires.

bur/feb

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