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26/01/2014 11:18 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

Syrie: l'épouse du journaliste et militant Mazen Darwich appelle à sa libération

L'épouse du journaliste syrien et militant des droits de l'Homme Mazen Darwich, détenu depuis deux ans par le régime, a appelé à sa libération alors que gouvernement et opposition discutaient dimanche à Genève du sort de milliers de détenus du conflit.

"Nous appelons le gouvernement syrien à libérer Mazen, Hani et Hussein. J'espère que les autorités considèrent Genève II comme une opportunité pour une véritable solution pacifique, et libèrent ainsi les militants pacifistes", a déclaré à l'AFP Yara Badr, elle-même journaliste.

Elle faisait référence à deux autres militants, Hussein Ghreir et Hani Zaitani, collaborateurs de M. Darwich également détenus. Tous les trois doivent comparaître lundi devant une cour antiterroriste.

Cet appel intervient au moment où des représentants du régime et de l'opposition sont réunis à Genève pour trouver une issue au conflit syrien qui a fait plus de 130.000 morts et plusieurs millions de réfugiés et de déplacés en près de trois ans.

Les pourparlers de dimanche à Genève portent sur le sort de milliers de détenus et de disparus depuis que le mouvement de contestation pacifiste lancé en mars 2011 s'est transformé en un conflit meurtrier.

M. Darwich, directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression créé en 2014, et 13 membres de cette ONG avaient été arrêtés le 16 février 2012, par les services de renseignements de l'armée de l'air. La plupart ont ensuite été libérés, sauf M. Darwich, Hussein Ghreir et Hani Zaitani, accusés de "terrorisme" et détenus pour le moment dans la prison de Adra, près de Damas.

"La plupart des militants arrêtés après mars 2011 sont accusés de terrorisme, même les plus pacifiques", a affirmé Mme Badr. "Nous espérons que les charges contre les trois (militants) seront annulées, puisqu'il n'y a pas de preuves. Le procès a déjà été ajourné à cinq reprises, et nous craignons qu'il ne le soit de nouveau".

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, une ONG en pointe dans le conflit, évoque 17.000 disparus et des "dizaines de milliers" de prisonniers dans les prisons du régime.

Elle évoque également des milliers de personnes enlevées ou prisonniers des groupes armés, notamment des jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant et du Front al-Nosra, ainsi que de groupes rebelles.

En décembre, la Commission internationale d'enquête de l'ONU pour la Syrie avait qualifié de "crime contre l'humanité" les disparitions forcées menées par l'armée, la police et les services de renseignements, évoquant une "tactique de guerre" des autorités et le recours systématique à la torture.

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