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26/01/2014 10:57 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

Priorités et craintes des partis pour la rentrée parlementaire lundi à Ottawa

OTTAWA - Les députés fédéraux regagneront Ottawa lundi pour une nouvelle session parlementaire qui verra le dépôt du budget, le retour des questions aux Communes sur l'économie et le scandale au Sénat, ainsi que de nouvelles batailles comme celle pour la survie de la livraison du courrier à domicile.

Rentrée parlementaire oblige, les partis politiques ont fait part de leurs priorités — et de leurs craintes pour 2014.

Pour le gouvernement, les dossiers prioritaires sont clairs: l'économie et les emplois, a dit sans hésiter le ministre Denis Lebel, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Ce n'est pas une surprise, a-t-il admis, puisque c'est là que son parti dit s'être concentré ces dernières années. Et «c'est vraiment ce que la population demande».

Le gouvernement continuera donc à maintenir les impôts bas et à ouvrir de nouveaux marchés à l'étranger pour les entreprises canadiennes, promet-il. M. Lebel fera aussi valoir les bénéfices de l'accord de libre-échange avec l'Europe auprès des gens d'affaires.

Dans un autre ordre d'idée, les troupes de Stephen Harper vont s'assurer de la protection des citoyens, notamment avec sa charte des victimes, a souligné le lieutenant politique de Stephen Harper pour le Québec.

Le budget est aussi attendu de pied ferme par l'opposition. Les rumeurs veulent qu'il arrive tôt cette année, vers la mi-février.

Le député du Nouveau Parti démocratique (NPD), Alexandre Boulerice, s'attend à ce que la proposition budgétaire du ministre des Finances Jim Flaherty s'inscrive dans la continuité des deux derniers et n'ait aussi son lot de compressions.

Et il a misé juste, si l'on en croit les propos du ministre Lebel: l'équilibre budgétaire c'est important, «c'est notre mantra».

Le budget sera «très conservateur»: «Il ne faut pas s'attendre à un budget très différent des derniers», a-t-il ajouté.

Mais les partis d'opposition craignent que cette rigueur ne rime un peu trop avec coupures des programmes et de services.

Conflits en perspective

Dès la rentrée, l'on peut s'attendre à une bataille au sujet de Postes Canada et de l'arrêt de la livraison de courrier à domicile.

La société d'État a annoncé ses couleurs peu avant Noël, après que les parlementaires aient mis fin à la session. Et le gouvernement a été assez discret à ce sujet depuis.

L'opposition ne l'a pas digéré et le NPD, comme le Bloc, promettent de remettre le sujet sur le tapis.

«C'est tout le Québec qui est touché», a déclaré le député bloquiste André Bellavance.

Pour le NPD, pas question non plus de laisser le scandale des dépenses au Sénat tomber dans l'oubli, a lancé d'entrée de jeu le député Alexandre Boulerice, en entrevue.

Le parti a gagné trop de points avec ce dossier lors de la dernière session parlementaire pour le laisser tomber. Il a aussi donné l'occasion au chef Thomas Mulcair d'offrir une excellente performance à la Chambre des communes alors qu'il interrogeait le premier ministre.

«Il y a trop de questions qui demeurent sans réponse», notamment sur l'implication de Stephen Harper, a indiqué M. Boulerice, peu avant de reprendre le flambeau sur ce dossier.

Du côté du NPD, on a aussi l'intention de concentrer les efforts du parti à trouver des solutions abordables pour les citoyens qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Le chef néo-démocrate vient d'ailleurs d'entreprendre une tournée pancanadienne à ce sujet, fait valoir M. Boulerice.

Le Parti libéral a aussi déjà tracé son plan pour la session.

«En un mot: l'économie», a déclaré le député Marc Garneau, lorsqu'interrogé sur les priorités libérales.

«C'est sur quoi l'on va s'attarder», a-t-il expliqué. Les libéraux veulent s'occuper des problèmes de la classe moyenne, lourdement endettée. Marc Garneau s'inquiète que les services à la population ne soient en baisse.

Le Parti libéral veut également s'occuper de la sécurité de la retraite, un dossier délaissé par le gouvernement, dénonce le député de Westmount-Ville-Marie.

Quant au Bloc québécois, il veut continuer à «être la voix du Québec à Ottawa, sans compromis», a dit le député André Bellavance, en entrevue téléphonique.

Il a l'intention de dénoncer à nouveau plusieurs conflits entre Québec et Ottawa et relancer le débat sur ces enjeux, comme la destruction des données du registre des armes à feu et la formation de la main-d'oeuvre, que le fédéral veut contrôler.

Selon M. Bellavance, ce qu'il faut surveiller en 2014, ce sont les transferts d'Ottawa aux provinces. La plupart des ententes viennent à échéance cette année, et la décision unilatérale du fédéral pour les transferts en santé ne laisse rien présager de bon, affirme le député.

Le printemps sera aussi période de course à la chefferie pour le Bloc qui doit remplacer Daniel Paillé, qui a dû quitter pour des raisons de santé le mois dernier. Le déclenchement ou non d'élections au Québec aura un impact sur la course, a confié M. Bellavance.

Aussi à surveiller en 2014, du côté de la Cour suprême: des jugements très attendus sur la constitutionnalité du projet de réforme du Sénat du gouvernement Harper et aussi sur l'admissibilité à la Cour du juge québécois Marc Nadon.

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