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26/01/2014 05:44 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

NSA: Merkel sans doute pas la seule personnalité allemande espionnée (Snowden)

La chancelière allemande Angela Merkel n'était sans doute pas la seule personnalité allemande espionnée par les États-Unis, a estimé l'ancien consultant de l'agence de surveillance américaine NSA, Edward Snowden, dans un entretien à une chaîne de télévision allemande diffusé dimanche soir.

"Je dirais qu'il n'est pas très vraisemblable que quelqu'un qui veut surveiller le gouvernement allemand n'écoute que Merkel et pas ses conseillers, pas d'autres membres éminents du gouvernement ou d'autres responsables politiques locaux", a déclaré M. Snowden, dans cette interview diffusée sur la chaîne publique ARD.

Il faisait référence aux révélations, dont il est à l'origine, sur les écoutes d'un téléphone portable de la chancelière allemande par les services de renseignements américains qui ont suscité des tensions diplomatiques entre Berlin et Washington.

Tourné cette semaine dans une chambre d'hôtel à Moscou, le document diffusé dimanche soir était la première interview filmée de l'ancien consultant depuis qu'il a quitté Hong Kong en juin 2013 pour se réfugier dans la capitale russe, où il vit actuellement.

Au cours de l'entretien accordé à un journaliste allemand, M. Snowden s'est montré très prudent dans ses affirmations. L'une des conditions posées par le président russe Vladimir Poutine, lorsqu'il lui a accordé l'asile pour un an, était qu'il cesse ses révélations susceptibles de "nuire aux États-Unis".

M. Snowden a répété ne pas vouloir anticiper sur les informations qui pourraient encore sortir dans la presse grâce aux documents qu'il a dérobés, tout en assurant avoir tout donné aux journalistes et ne plus rien avoir en sa possession.

Dans l'interview, Edward Snowden a jugé qu'il "ne fait aucun doute que les États-Unis se livrent à de l'espionnage économique".

"S'il y a des informations, par exemple sur Siemens, qui soient dans l'intérêt national, mais qui n'ont rien à voir avec la sécurité nationale, eh bien ils prendront cette information quand même", a-t-il expliqué.

Il a également évoqué des "menaces explicites" contre lui de la part des États-Unis, tout en assurant malgré tout "très bien" dormir.

Il a étayé les menaces qui pèsent sur lui par un article diffusé la semaine dernière par le site d'informations populaires BuzzFeed, intitulé "Des espions américains veulent la mort d'Edward Snowden".

"Ces gens, et ce sont des fonctionnaires gouvernementaux, ont dit qu'ils aimeraient me mettre une balle dans la tête ou m'empoisonner à la sortie d'un supermarché, pour me voir mourir sous ma douche", explique M. Snowden, selon la traduction en allemand de ses propos, fournie par l'ARD.

L'article de BuzzFeed citait un responsable du Pentagone anonyme affirmant : "J'adorerais mettre une balle dans sa tête". "Dans un monde où il n'y aurait pas de restrictions pour tuer un Américain, j'irais et je le tuerais moi-même", a ajouté un analyste de la NSA.

Mardi, l'avocat russe de M. Snowden Anatoli Koutcherena, avait expliqué à la télévision russe que l'ancien consultant de la NSA craignait pour sa vie et était protégé par des gardes du corps.

L'entretien d'une trentaine de minutes diffusé sur la chaîne publique allemande ARD a été réalisé par un journaliste de NDR, une chaîne régionale qui appartient au réseau d'ARD. Ce journaliste, qui a beaucoup travaillé sur les documents secrets livrés par Snowden aux médias, a tourné jeudi dernier à Moscou dans le plus grand secret.

L'ex-consultant du renseignement américain est inculpé aux États-Unis d'espionnage et de vol de documents appartenant à l'État, depuis qu'il a fait des révélations fracassantes sur la surveillance électronique conduite par les autorités américaines.

hap/aro/via

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