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26/01/2014 09:44 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

L'Assemblée tunisienne adopte définitivement la Constitution

L'Assemblée nationale tunisienne a adopté définitivement dimanche la nouvelle Constitution du pays, censée achever une turbulente transition vers la démocratie, tandis que la Tunisie se dotait quelques heures auparavant d'un nouveau gouvernement emmené par Mehdi Jomaâ.

Les députés avaient achevé de voter jeudi tous les articles de la Loi fondamentale, trois ans après le soulèvement contre le président Zine El Abidine Ben Ali, annonciateur du « printemps arabe ».

« Cette constitution est le rêve des Tunisiens, cette constitution est la preuve de la vigueur de la révolution, cette constitution crée une nation civile démocratique », a déclaré Mustapha Ben Jaafar, président de l'Assemblée.

De profondes divergences, aujourd'hui surmontées, concernant la place de l'islam ont pesé sur le débat constitutionnel. Le premier article de la loi fondamentale dispose que la Tunisie est « un pays libre, indépendant et souverain » ayant l'islam pour religion, l'arabe pour langue et la république pour régime.

Les tensions entre islamistes et laïques ont été exacerbées l'an dernier par l'assassinat de deux figures influentes de l'opposition.

En février, le meurtre de l'opposant Chokri Belaïd a donné lieu à de grandes manifestations à Tunis et à une crise gouvernementale. Celui de Mohamed Brahmi, fondateur du Mouvement du peuple (Echaâb) et élu de l'Assemblée nationale constituante, en juillet, a encore accentué les antagonismes.

La crise n'a trouvé une issue qu'avec la démission, en décembre, du premier ministre Ali Laarayedh, issu du parti islamiste Ennahda, et son remplacement par Mehdi Jomaâ.

Nommé le 14 décembre après la démission de son prédécesseur, Ali Laarayedh, issu du parti islamiste Ennahda, dans le cadre d'un accord destiné à sortir le pays de l'impasse politique, Mehdi Jomaâ a pris ses fonctions le 10 janvier.

Il a attribué dimanche le portefeuille des Finances à un économiste passé par la Banque africaine de développement (BAD), Hakim Ben Hammouda, et celui des Affaires étrangères à un ancien responsable de l'ONU, Mongi Hamdi.

Aucune date n'a été donnée pour les élections qui doivent être organisées dans le courant de l'année et qui devraient voir s'opposer Ennahda et l'alliance Nidaa Tounes, regroupement d'une demi-douzaine de formations.

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