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26/01/2014 12:50 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

Japon: La prostitution forcée, pratique «fréquente dans tous les pays en guerre»

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Le nouveau président du groupe public japonais de radio/télévision NHK a affirmé que la prostitution forcée de femmes pendant la Deuxième guerre mondiale, une pratique conduite par le Japon en Asie, était "fréquente dans tous les pays en guerre".

Le système des bordels militaires était "fréquent dans tous les pays en guerre", a assuré ce week-end Katsuto Momii, lors de sa première conférence de presse depuis son arrivée à la tête de la NHK.

"Pouvons-nous dire qu'il n'y en avait pas en Allemagne et en France? Il y en avait partout en Europe", a-t-il déclaré selon les informations de presse publiées dimanche.

Au printemps dernier, le maire nationaliste d'Osaka, Toru Hashimoto, avait provoqué un scandale en Asie et aux Etats-Unis en qualifiant de "nécessité" l'enrôlement de ces "femmes de confort" dans les pays occupés par le Japon pendant la guerre.

La plupart des historiens estiment à environ 200.000 le nombre de femmes, surtout des Coréennes, Chinoises et Philippines, réduites en esclavage sexuel par Tokyo pendant la Seconde guerre mondiale.

Précisant s'exprimer à titre personnel, Katsuto Momii estime que le sujet des "femmes de réconfort" a été "rendu compliqué car la Corée dit que le Japon est le seul à avoir recruté de force" des femmes, a-t-il encore déclaré samedi.

Aujourd'hui encore, la question des femmes réduites en esclavage sexuel et des atrocités commises par les troupes impériales pendant la guerre continue de peser sur les relations entre le Japon et ses voisins.

En 1993, Tokyo a officiellement présenté ses excuses pour les souffrances endurées par les victimes. Mais depuis, plusieurs hauts responsables politiques ont fait machine arrière, donnant l'impression, notamment selon Séoul, que le Japon ne regrettait pas véritablement ses actions passées.

Lors de son premier mandat de Premier ministre en 2007, Shinzo Abe --actuellement chef du gouvernement-- avait suscité une vive polémique en déclarant qu'il n'existait pas de preuve tangible que des femmes aient été forcées à se prostituer.

Momii, 70 ans, a été vice-président de la maison de commerce Mitsui et aurait été, selon l'agence Kyodo News, le candidat du Premier ministre Abe pour être à la tête de la NHK.

sps/fmp/ob

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