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26/01/2014 08:09 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

Constitution adoptée en Tunisie après un compromis entre Islamistes et l'opposition

TUNIS, Tunisie - Après des décennies de dictature, et deux ans de débats et de compromis, les Tunisiens ont enfin eu droit, dimanche, à une nouvelle constitution qui établit les assises d'une nouvelle démocratie.

Le document pourrait faire époque comme l'une des constitutions les plus progressistes du monde arabe — et aussi pour la simple raison qu'elle a été rédigée. Elle a été adoptée presque à l'unanimité, tard dimanche, recueillant 200 votes sur une possibilité de 216.

Après le vote, le président de l'Assemblée, Mustapha Ben Jaafar, a déclaré que la constitution, sans être parfaite, en était une de consensus. Il a ajouté que le pays avait été convoqué à un nouveau rendez-vous avec l'histoire afin de bâtir une démocratie basée sur les droits et l'égalité.

La constitution qui encadre la liberté de religion et les droits des femmes a nécessité deux ans de travail. Durant cette période, le pays a été affligé par un taux de chômage élevé, des manifestations, des attaques terroristes, des assassinats politiques et des politiciens qui semblaient plus intéressés aux grandes envolées oratoires qu'à compléter la charte.

Au même moment, l'Égypte a rédigé deux constitutions — et a été le théâtre d'un coup d'État militaire contre un gouvernement élu. Les constitutions égyptiennes ont été rédigées rapidement par des comités nommés par les autorités et ont fait l'objet de peu de débats publics ou de consultations. En Tunisie, une assemblée d'Islamistes tunisiens, de gauchistes et de libéraux ont élaboré une feuille de route pour leur avenir politique.

Les Tunisiens souhaitent que le soin apporté à l'élaboration de la constitution fasse une différence dans les efforts pour ramener la stabilité au pays et rassurer les investisseurs et alliés tels les États-Unis.

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