Huffpost Canada Quebec qc

Arseni Iatseniouk, opposant ukrainien à l'ascension fulgurante

Publication: Mis à jour:
KIEV
GENYA SAVILOV via Getty Images
Imprimer

Arseni Iatseniouk, auquel le président ukrainien a proposé de diriger le gouvernement, est un ancien juriste dont l'ascension politique est fulgurante, qui a adopté une posture très ferme dans la crise actuelle, tranchant avec une image plutôt lisse.

Proche de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, cet ancien ministre âgé de 39 ans, originaire de Tchernovtsy (sud-ouest), n'a pas répondu explicitement à la proposition du pouvoir.

"Quelle est notre réponse ? Avons-nous peur des responsabilités ? Nous n'avons pas peur de prendre nos responsabilités pour le destin de l'Ukraine. Nous acceptons ces responsabilités et nous sommes prêts à conduire le pays dans l'Union européenne", a lancé aux manifestants cet homme au visage rond et à l'air sérieux avec les lunettes qu'il porte en permanence.

"Notre objectif, c'est un nouveau pouvoir en Ukraine", a poursuivi le député, chef de file du parti Batkivchtchina (Patrie) de Ioulia Timochenko, l'ancienne Première ministre emprisonnée.

Mais il a aussitôt ajouté ne "pas croire un mot de ce que dit le pouvoir" et maintenir toutes ses revendications.

Dans une conférence de presse peu après, il a reconnu "ne pas être enchanté" de la proposition du chef de l'Etat. "Le pays est au bord de la faillite, les caisses sont vides. Nous ne refusons pas mais nous n'acceptons pas".

Moins connu à l'étranger que l'ex-boxeur Vitali Klitschko, autre chef de file de l'opposition,Arseni Iatséniouk a gagné en fermeté pendant les deux mois du mouvement de contestation, se rendant dans des postes de police réclamer la libération de militants interpellés ou s'affichant sur des barricades avec des manifestants.

Selon l'hebdomadaire Focus, il tente de donner l'image d'un homme ayant davantage de fermeté, à ne plus être perçu comme un "banquier intellectuel", et cherche à utiliser le mouvement actuel comme une sorte de primaire pour devenir chef de l'opposition.

Il a pris un ton très ferme dans certains discours, donnant mercredi soir 24 heures au président Viktor Ianoukovitch pour faire cesser "le bain de sang".

"Si cette voie n'est pas celle qui est choisie (...) nous irons tous ensemble de l'avant, même si le résultat doit être une balle en plein front", a-t-il lancé à la foule mercredi soir.

Ce juriste et économiste de formation est devenu en 2001 ministre de l'Économie de la république autonome de Crimée, au bord de la mer Noire.

En 2005, la Révolution orange le propulse au poste de ministre de l'Économie, où il négocie avec l'UE et l'OMC.

Deux ans plus tard, il prend la tête du ministère des Affaires étrangères, affichant ses positions pro-occidentales et un louable souci de faire des économies : les médias avaient souligné alors qu'il utilisait souvent les avions de ligne pour ses missions officielles.

En 2007, élu à la tête du Parlement, il devient protocolairement le second personnage de l'État.

Candidat à la présidence, il obtient 7% des voix en 2010 et décline la proposition du vainqueur Viktor Ianoukovitch de rejoindre le gouvernement.

Deux ans après, son parti, le Front pour le changement, décide de se dissoudre pour rejoindre le parti de Ioulia Timochenko.

M. Iatseniouk est marié et est père de deux enfants.

bur-dt-gmo/bds/ob

À lire aussi sur le HuffPost Québec

Close
Affrontements en Ukraine (janvier 2014)
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction