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26/01/2014 02:12 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

Abdel Fattah al-Sissi, général et "héros populaire"

Le général Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée égyptienne qui devrait briguer la présidence après avoir été l'architecte de la destitution du président islamiste Mohamed Morsi, bénéficie d'une popularité grandissante, ses partisans le comparant désormais au leader charismatique Gamal Abdel Nasser.

Le général Sissi et Gamal Abdel Nasser --lui aussi militaire--, devenu dans les années 1950 et 1960 le champion du panarabisme et des Non-Alignés, ont un autre point commun: à plusieurs décennies d'écart, ils ont chacun mené une sanglante répression des Frères musulmans, l'influente confrérie de M. Morsi.

Mais contrairement à Nasser, le général Sissi, ministre de la Défense et vice-Premier ministre, s'exprime toujours lors de ses rares discours d'une voix doucereuse, en arabe égyptien plutôt qu'en arabe classique et avec des attitudes travaillées.

Agé de 59 ans, Abdel Fattah al-Sissi était entré au gouvernement sous la présidence Morsi en août 2012. Sa nomination avait alimenté de nombreuses spéculations sur une mise au pas de l'armée et sur une possible allégeance de l'institution militaire aux nouveaux dirigeants islamistes auxquels elle était autrefois hostile.

Quelques jours avant de le déposer et de l'arrêter le 3 juillet, les militaires avaient lancé au président Morsi un ultimatum, affirmant répondre au désir de millions de manifestants qui étaient descendus dans la rue réclamer son départ.

Au même moment, le général Sissi assistait à un discours public belliqueux du président Morsi, le sourire aux lèvres alors que le chef d'Etat poursuivait ses diatribes. Quelques jours plus tard, son ministre de la Défense l'enverra en prison.

Depuis, la popularité du général Sissi ne cesse de grandir, son portrait s'étale partout, dans les rues et les commerces, et ses partisans l'appellent désormais à se présenter à la présidentielle prévue sous trois mois.

Face à cette ferveur populaire, plusieurs poids lourds de la classe politique ont déjà annoncé qu'ils ne se présenteraient pas si M. Sissi se portait candidat. Il s'agit notamment de l'ancien secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa ou Hamdeen Sabbahi, figure historique de la gauche qui s'était hissée à la troisième place lors de la présidentielle de 2012 qui a qualifié le général de "héros populaire".

Mais pour les pro-Morsi qui continuent de manifester quotidiennement "Sissi est un assassin", selon des slogans tagués par des partisans du président destitué sur les murs du Caire, des slogans toutefois rapidement éclipsés par les nombreux portraits du général.

Le général pourrait prochainement annoncer sa candidature à la présidence, mais seulement s'il obtient de pouvoir diriger le pays durant deux mandats, soient huit ans, selon son entourage.

Le général Sissi, qui a fait une brillante carrière d'officier supérieur, apparaît toutefois avant tout comme un homme du sérail militaire.

Un ex-chef des renseignements le décrit comme quelqu'un réglant méticuleusement chaque détail et prévoyant les obstacles qui pourraient se dresser sur sa route.

C'est aussi un homme pieux, son entourage affirmant qu'il met un point d'honneur à accomplir ses prières et que son épouse, comme la très grande majorité des Egyptiennes, porte le hijab.

Mi-2011, alors chef du renseignement militaire et membre du Conseil suprême des forces armées qui avait assuré l'intérim entre Hosni Moubarak, chassé du pouvoir par la révolte de 2011, et Mohamed Morsi, le général Sissi avait justifié les tests de virginité pratiquées par l'armée sur des manifestantes, selon Amnesty International.

Il avait toutefois souligné "la nécessité de changer la culture des forces de sécurité et donné des assurances que des instructions avaient été données de ne pas utiliser la violence contre les manifestants", selon Amnesty.

Né au Caire en novembre 1954, diplômé en sciences militaires de l'académie militaire égyptienne en 1977, il a ensuite étudié dans une académie militaire britannique en 1992 avant de rejoindre, comme de nombreux officiers égyptiens, une école militaire américaine en 2006 où il a rédigé un mémoire intitulé "La démocratie au Moyen-Orient" dans lequel il insiste sur le rôle de l'islam dans la législation notamment.

Il a quatre enfants, une fille et trois garçons ayant rejoint les rangs de l'armée et dont l'aîné est marié à la fille de l'actuel chef des renseignements militaires.

bur/feb

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