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USA: pour les soutiens d'Hillary Clinton, la présidentielle 2016 a déjà commencé

25/01/2014 12:45 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Les Américains ne se rendront aux urnes pour élire le successeur de Barack Obama que dans deux ans, neuf mois et 14 jours. Mais les réseaux politiques entourant l'ex-secrétaire d'Etat Hillary Clinton ont déjà lancé la machine électorale.

A Washington, la démocrate de 66 ans était cette semaine de toutes les conversations: Hillary Clinton en Une du New York Times Magazine ; Hillary Clinton en tête d'un sondage contre ses hypothétiques adversaires ; et Hillary Clinton qui reçoit le soutien du plus riche comité politique de gauche aux États-Unis, "Priorities USA Action".

Celle qui entra dans la course à la Maison Blanche de 2008 avec l'adjectif d'"inévitable" accolé à son nom emprunte un chemin similaire, bien qu'elle garde pour l'instant ses ambitions secrètes.

"Je n'ai pas décidé", a-t-elle déclaré en décembre sur la chaîne américaine ABC. "Évidemment, je vais regarder avec attention ce que je peux faire et prendre cette décision à un moment l'année prochaine", soit en 2014.

A ce stade très préliminaire, personne ne lui fait encore de l'ombre : ni le vice-président démocrate Joe Biden, ni le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, empêtré depuis peu dans des scandales politiques qui ont terni son image d'iconoclaste de la politique.

Depuis son départ du gouvernement de Barack Obama en février 2013, Hillary Clinton n'a pas disparu de la vie politique, mais se fait plus discrète. Elle prononce régulièrement des discours rémunérés, notamment devant des conventions professionnelles. Trois discours sont prévus en Californie en avril.

Cette semaine, Priorities USA Action a confirmé qu'il lèverait des fonds pour soutenir une éventuelle candidature d'Hillary Clinton. Son nouveau coprésident, Jim Messina, était l'un des plus proches lieutenants de Barack Obama.

Preuve du sérieux de l'initiative, une proche d'Hillary Clinton, l'ancienne gouverneure du Michigan (nord) Jennifer Granholm a aussi été nommée coprésidente.

Le comité appartient à la catégorie des "Super PAC", pour "super-comités d'action politique": leur statut leur permet de lever des sommes illimitées auprès notamment d'entreprises ou de riches donateurs. Les dons directs aux candidats étant plafonnés, ces comités sont devenus des acteurs majeurs des campagnes électorales américaines. Leur puissance de feu de dizaines de millions de dollars, bien qu'inférieure à celle des candidats, est redoutable.

Trop tôt?

"C'est très rare, voire quasiment jamais vu, de voir cela trois ans avant l'élection", se félicite Mitch Stewart, ancien haut responsable de la campagne de Barack Obama et aujourd'hui conseiller de Ready For Hillary, un autre comité pro-Clinton.

"Ce serait vraiment une faute de ne pas profiter de cet enthousiasme qu'on voit dans tout le pays, et de tout le temps dont nous disposons", affirme-t-il à l'AFP.

L'objectif de ces manoeuvres? Saturer le terrain avant le match, "écraser les adversaires potentiels du côté démocrate, et empêcher les riches donateurs d'emmener leur argent et leur influence ailleurs", explique à l'AFP Tobe Berkovitz, professeur à l'Université de Boston.

Les dizaines de personnes qui gravitent autour d'Hillary Clinton entendent la rendre invincible tout en s'assurant une place dans l'entourage de celle qui deviendrait la première présidente des États-Unis. Mais ont-ils commencé trop tôt, alors que l'intéressée ne s'est toujours pas déclarée?

"C'est bien", note Tobe Berkovitz, mais "je préfèrerais être invincible au même moment l'an prochain", dit-il, en soulignant que les premières primaires étaient encore distantes de deux ans, une éternité en politique. En 2007, la sénatrice était la grande favorite des sondages, mais elle finit par être battue par le jeune Barack Obama en 2008.

Le défi d'une nouvelle campagne Clinton sera de combiner l'entourage historique du couple Clinton et la nouvelle génération de spécialistes de ciblage électoral. Les équipes Obama ont révolutionné la façon de recruter des militants, motiver les électeurs via internet, et lever des petites sommes auprès de millions de personnes.

Les républicains fourbissent leurs armes. Ils pensent avoir identifié un angle d'attaque contre celle qui fut chef de la diplomatie américaine lors de l'attentat qui a coûté la vie à l'ambassadeur américain en Libye le 11 septembre 2012, à Benghazi. Les graves défaillances de sécurité sont la preuve, selon eux, qu'Hillary Clinton n'est pas prête à assumer le fonction suprême.

mlm/ico/abl

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