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Ukraine: le président Ianoukovitch offre le gouvernement à l'opposition

25/01/2014 03:23 EST | Actualisé 27/03/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Ukrainian President Viktor Yanukovych, left, greets European Commissioner for Enlargement and European Neighborhood Policy Stefan Fule in Kiev, Ukraine, Friday, Jan. 24, 2014. Ukrainian protesters seized a government ministry in the capital and besieged several governors' offices in western regions Friday, raising the pressure on the country's Russia-leaning government. But President Viktor Yanukovych showed little willingness to negotiate, promoting his hawkish top aide to his chief-of-staff. (AP Photo/Andrei Mosienko, Presidential Press service, pool)

Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, a proposé samedi aux chefs de l'opposition de diriger le gouvernement, après des négociations menées à la présidence à Kiev.

Le poste de premier ministre reviendrait à Arseni Iatseniouk, chef du parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko. L'ex-boxeur Vitali Klitschko serait désigné vice-premier ministre chargé des Affaires humanitaires.

Si Arseni Iatseniouk accepte la proposition, le président Ianoukovitch est prêt à accepter la démission du gouvernement de Mikola Azarov, une des demandes de l'opposition.

Arseni Iatseniouk a réagi en déclarant que l'opposition était prête à gouverner le pays. « Nous sommes prêts à assumer cette responsabilité et à conduire le pays dans l'Union européenne », a-t-il lancé aux manifestants rassemblés sur la place de l'Indépendance à Kiev. Mais il a ajouté ne « pas croire un mot » de ce qu'affirme le pouvoir.

Les dirigeants de l'opposition ont annoncé qu'ils avaient l'intention de maintenir la pression avec leur mobilisation jusqu'à ce que toutes leurs exigences soient satisfaites. Ils exigent la convocation d'une élection présidentielle dès cette année et non l'année prochaine, comme cela est actuellement prévu.

Viktor Ianoukovitch recevait samedi les principaux leaders de l'opposition après un regain de tension dans la capitale entre manifestants et forces de l'ordre et alors que le mouvement de contestation gagnait de nombreuses régions du pays.

Moins de pouvoirs pour le président

Le président Ianoukovitch s'est également dit prêt à une révision de la Constitution pour réduire ses pouvoirs.

Un groupe de travail chargé de « modifier la législation sur les référendums et peut-être, via ce mécanisme, de proposer des amendements à la Constitution » sera mis sur pied, explique le communiqué de la présidence.

Le retour à la Constitution de 2004 est une des principales revendications de l'opposition. Il s'agit d'un compromis accepté par le pro-occidental Viktor Iouchtchenko, vainqueur de la Révolution orange qui avait fait de l'Ukraine une république parlementaire avec un puissant premier ministre. Mais le texte fondamental a été de nouveau révisé, donnant l'essentiel du pouvoir au chef de l'État.

L'Ukraine est depuis deux mois le théâtre d'un vaste mouvement de contestation à Kiev après le refus du président de signer un accord avec l'Union européenne, y préférant un rapprochement avec la Russie.

Le mouvement s'est radicalisé la semaine dernière avec l'adoption de lois prévoyant des peines plus sévères, allant jusqu'à la prison ferme, pour les manifestants.

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