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Ukraine: Iatseniouk soutient que les protestations se poursuivront

25/01/2014 01:02 EST | Actualisé 27/03/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Un leader de l'opposition ukrainienne, Arseni Iatseniouk, a déclaré samedi que les protestations allaient se poursuivre malgré l'offre du président Viktor Ianoukovitch de lui céder le poste de premier ministre.

Sur la place centrale de Kiev, M. Iatseniouk a dit à la foule que si l'opposition était prête à accepter l'offre, le président devait quand même accéder aux demandes des manifestants. Il a ajouté que les discussions continueront.

L'opposition réclame la démission du président, des élections anticipées, et l'annulation de la loi anti-manifestations qui a déclenché des heurts violents entre protestataires et policiers au cours de la dernière semaine.

La session parlementaire extraordinaire qui doit avoir lieu mardi pourrait être décisive, a dit M. Iatseniouk.

Viktor Ianoukovitch a affirmé que des discussions sur un remaniement du gouvernement et sur des changements à la loi anti-manifestations pourraient être à l'ordre du jour.

Cette loi a suscité la colère de la foule et donné lieu à de violents affrontements entre policiers et manifestants.

«Mardi sera le jour du jugement, a clamé M. Iatseniouk devant une grande foule rassemblée sur la Place de l'indépendance. Nous ne croyons aucun mot. Nous croyons seulement les actions et les résultats.»

«Nous ne rejetons pas la proposition, mais nous ne l'acceptons pas non plus. Nous procédons à de sérieuses consultations avec trois forces de l'opposition», a-t-il dit, plus tard, lors d'une conférence de presse.

Il a aussi révélé que l'opposition demanderait au président de signer une entendre de libre-échange avec l'Union européenne et de libérer les prisonniers politiques, dont l'ancienne première ministre Ioulia Tymochenko.

Environ une heure après le discours de l'opposition, les manifestants s'en sont pris à un bâtiment à environ 100 mètres de la place où étaient postés les policiers. Ils ont brisé les fenêtres, défoncé les portes et lancé des bombes incendiaires.

L'offre faite par M. Ianoukovitch, survenue alors que la colère de la foule augmente et se répand à une bonne partie du pays, semble représenter à la fois une concession et une stratégie adroite visant à acculer l'opposition dans un coin.

Accepter l'offre pourrait caractériser M. Iatseniouk comme un vendu aux yeux des manifestants, mais la rejeter pourrait le faire paraître obtus et fermé à l'idée de tenter de trouver une sortie de crise à moins que tous n'y trouvent satisfaction.

Lors de la rencontre avec les chefs de l'opposition durant laquelle le président a fait son offre à M. Iatseniouk, M. Ianoukovitch a accepté de discuter de façons d'amender la Constitution de l'Ukraine pour en faire une république présidentielle parlementaire, ce qui constitue l'une des demandes de l'opposition.

Si ce changement était entériné, le premier ministre aurait davantage de pouvoirs et serait élu par le parlement plutôt que nommé par le président.

Plus tôt samedi, le chef de la police du pays, détesté par l'opposition, a accusé les contestataires d'avoir enlevé et torturé deux policiers avant de les relâcher. L'opposition a nié ces allégations, soutenant qu'il s'agissait d'une provocation du ministre de l'Intérieur visant à justifier la répression policière contre les manifestants.

Les rassemblements ont commencé à la fin du mois de novembre pour dénoncer la décision de Viktor Ianoukovitch, de ne pas signer une entente qui aurait permis à l'ancienne république soviétique de renforcer ses liens avec l'Union européenne. Ils sont demeurés relativement pacifiques jusqu'à la semaine dernière, lorsque des factions radicales fâchées des nouvelles lois contre les manifestations se sont engagées dans de violents affrontements avec les forces de sécurité.

Trois manifestants ont perdu la vie dans ces combats, deux d'entre eux ayant été tués par balle. Selon le ministère de l'Intérieur, un policier a été abattu durant la nuit de vendredi à samedi. Aucune arrestation n'a été effectuée et aucun suspect n'a été nommé relativement à cette affaire.

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