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Soudan du Sud: l'armée assure que le cessez-le-feu est respecté

25/01/2014 05:05 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Le cessez-le-feu semblait globalement respecté samedi au Soudan du Sud, malgré quelques combats sporadiques entre forces gouvernementales et rebelles vendredi soir peu après son entrée en vigueur.

"Il n'y a pas d'information sur des combats, c'est calme", a affirmé samedi matin à l'AFP le porte-parole de l'armée gouvernementale, Philip Aguer.

Le cessez-le-feu, signé jeudi à Addis Abeba, est entré en vigueur vendredi à 17H30 GMT, après la tombée de la nuit. Les deux parties ont affirmé vouloir respecter la cessation des hostilités, mais ont dit chacune douter des capacités du camp adverse de contrôler leurs forces sur le terrain.

L'ONU a fait état de "combats sporadiques" en fin de journée vendredi.

A quelques heures de la trêve, les rebelles ont affirmé avoir été attaqués vendredi par l'armée gouvernementale, qui a nié.

Selon un porte-parole rebelle, Lul Ruai Koang, l'armée gouvernementale, soutenue par des soldats ougandais et des éléments d'un groupe rebelle du Darfour (JEM) venus du Soudan voisin, ont attaqué peu avant le cessez-le-feu leurs positions dans l'Etat pétrolier d'Unité (nord), et dans l'Etat de Jonglei (nord-est).

Selon Philip Aguer, ce sont au contraire les rebelles qui ont pris d'assaut des positions gouvernementales à Jonglei mais ont été repoussés, et les combats ont pris fin avant le cessez-le-feu.

Aux premières heures du lever du jour samedi, la trêve tenait dans les zones d'affrontements, estimait M. Aguer.

Ces déclarations ne pouvaient cependant pas être confirmées de source rebelle, alors que de nombreuses régions du vaste Soudan du Sud sont isolées, parfois sans aucun réseau téléphonique, et difficilement accessibles.

Comment croire les belligérants "sur parole"?

Le Soudan du Sud est ravagé depuis le 15 décembre par des combats opposant les forces loyales au président Salva Kiir à des troupes fidèles à l'ex-vice-président Riek Machar, limogé en juillet. Le conflit a fait des milliers de morts - peut-être 10.000 selon des observateurs - et environ 700.000 déplacés.

Quelque 76.000 civils sont désormais réfugiés sur des bases de l'ONU dans le pays en raison du conflit.

Après trois semaines de laborieux pourparlers à Addis Abeba sous la médiation de l'organisation régionale Igad - qui regroupe des pays d'Afrique de l'est - les deux camps ont finalement signé jeudi soir un cessez-le-feu qui devait entrer en vigueur sous 24 heures, soit vendredi vers 17H30 GMT.

Selon des diplomates africains, l'Igad doit organiser la semaine prochaine d'autres réunions à propos du cessez-le-feu, notamment sur la manière d'en surveiller l'application.

"Il est crucial que les deux parties appliquent complètement et immédiatement l'accord sur la fin des hostilités ", a souligné vendredi soir un porte-parole des Nations Unies, Farhan Haq.

Il a précisé que l'ONU était prête à apporter une "aide essentielle" au contrôle du cessez-le-feu.

Les deux camps se disputent depuis plusieurs semaines certaines villes stratégiques, dont Bor dans l'Etat de Jonglei, et Malakal, la capitale de l'Etat pétrolier du Hau-Nil.

Un cessez-le-feu "ne peut pas s'instaurer d'un jour à l'autre quand les combats ont été si intenses", a estimé un diplomate du Conseil de sécurité qui suit le dossier.

La trêve pourrait en effet être difficile à appliquer: Riek Machar ne contrôle sans doute pas l'ensemble des troupes qui le soutiennent, alliance plus ou moins stable de militaires mutins et de diverses milices ethniques.

Les combats ont donné lieu à des atrocités perpétrées par les deux camps, et le conflit a pris un caractère interethnique, MM. Kiir et Machar instrumentalisant les rivalités entre les peuples Dinka et Nuer dont ils sont respectivement issus.

Le conflit au Soudan du Sud prend sa source dans de vieilles rivalités politiques et ethniques, héritées de la longue guerre civile (1983-2005) qui a déchiré le Soudan avant sa partition et la sécession du Soudan du Sud en juillet 2011.

Le président Kiir a assuré vendredi que "le conflit (...) serait résolu via un dialogue pacifique" et a appelé les déplacés à rentrer chez eux. Mais certains, interrogés par l'AFP, tout en saluant la trêve, disaient toujours craindre de sortir des camps où ils se sont réfugiés.

"Nous n'allons pas rentrer chez nous maintenant, car je ne fais pas confiance aux belligérants pour respecter la trêve", a commenté Peter Biel, l'un des milliers de déplacés qui s'agglutinent autour d'un camp de l'ONU dans la capitale Juba.

"Peuvent-ils s'arrêter comme ça, soudainement, de s'entretuer?", se demandait Peter. "J'en doute. Je ne vais pas risquer la vie de ma famille en les croyant sur parole!".

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