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L'Afghanistan ne signera pas le traité avec les USA "sous pression" (Karzaï)

25/01/2014 03:42 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Le président afghan Hamid Karzaï a déclaré samedi qu'il ne signerait pas "sous pression" le traité bilatéral de sécurité avec les Etats-Unis et demandé à nouveau des garanties à son principal allié sur le lancement d'un processus de paix avec les talibans.

"L'Afghanistan n'acceptera ou ne signera rien sous pression", a dit M. Karzaï lors d'une conférence de presse à Kaboul, évoquant le traité bilatéral de sécurité (BSA) négocié laborieusement pendant des mois entre les deux pays.

Cet accord doit définir les modalités d'une présence militaire étrangère en Afghanistan après 2014, lorsque la mission de combat de l'Otan aura pris fin.

M. Karzaï avait créé la surprise fin 2013 en annonçant que le traité ne serait pas signé avant la présidentielle du 5 avril, à laquelle il ne peut lui-même participer. Les Etats-Unis veulent de leur côté boucler le BSA au plus vite, afin de disposer de temps pour préparer le maintien d'un contingent, et laissent planer la menace d'un retrait total de leurs troupes du pays.

Mais samedi, M. Karzaï a réaffirmé que la signature du traité n'était pas à l'ordre du jour, et qu'elle restait subordonnée à une série de conditions.

"Notre principale condition est le démarrage d'un processus de paix" avec les insurgés talibans, a déclaré le président afghan.

"Nous voulons que les États-Unis et leurs alliés aident ce processus avec honnêteté, mais jusqu'à présent nous n'avons pas eu la preuve (de leur honnêteté)", a déclaré le dirigeant afghan.

Les tentatives de pourparlers de paix avec les rebelles, auxquelles ont pris part les États-Unis, n'ont pour l'instant débouché sur aucun résultat concret.

"Nous voulons que (les Américains) restent (...) mais s'ils veulent partir, et bien ils partiront, et nous continuerons notre chemin de notre côté", a dit également le président Karzaï, coutumier des déclarations peu amènes envers son principal soutien militaire et financier.

La signature du BSA permettrait aux fragiles forces afghanes de bénéficier d'un soutien, notamment aérien, après le départ des 58.000 soldats de l'Otan d'ici à la fin de l'année. Ce retrait fait craindre une flambée de violences dans le pays en proie à une insurrection armée des talibans.

Dans l'hypothèse où l'accord serait signé, Washington pourrait maintenir 10.000 militaires en Afghanistan pour une période de deux ans après la fin 2014.

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