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Darcy James Argue et l'aventure Brooklyn Babylon nommés aux Grammys

25/01/2014 04:49 EST | Actualisé 27/03/2014 05:12 EDT

LOS ANGELES, États-Unis - Le Vancouvérois Darcy James Argue ne fait pas du jazz tout à fait comme les autres — ce qui ne l'empêche pas d'être remarqué pour la seconde fois dans sa vie par les Grammys.

La musique de «Brooklyn Babylon», son album nommé aux Grammys pour le meilleur album d'un grand ensemble jazz, a été créée au départ pour accompagner un roman graphique de l'artiste d'origine croate Danijel Zezejl.

Même M. Zezejl était sceptique lorsque M. Argue l'a approché pour lui offrir de créer des volets musical et multimédia à un livre. Entre autres, il n'était pas certain qu'un big band accompagnerait bien son travail d'illustrateur. Il a simplement fallu qu'il réalise que Darcy James Argue, qui a étudié à l'Université McGill, ne faisait pas les choses de manière conventionnelle pour l'embarquer dans l'aventure «Brooklyn Babylon».

M. Zezejl a donc imaginé l'histoire d'un maître-charpentier à New York qui est mandaté pour construire un caroussel au sommet d'un gratte-ciel qui sera érigé au coeur d'un Brooklyn futur. Le charpentier se voit alors déchiré entre son ambition et son respect pour son quartier.

Le livre et la musique allaient également devenir une performance scénique à trois volets: les 18 musiciens jouent la musique, une animation en «stop-motion» faite par l'illustrateur est projetée tandis que ce dernier peint en direct un énorme canevas de 12 mètres de largeur sur des échafaudages suspendus au-dessus du groupe.

Incertains au début du résultat de cet ambitieux projet, les deux hommes se sont vus fort appréciés par la critique.

Darcy James Argue, 38 ans, a alors voulu enregistrer cette trame sonore sur album, ce qui, à 18 musiciens, n'est pas des plus simples et abordables. Une campagne de sociofinancement en ligne lui a quand même permis d'amasser un petit montant, suffisant pour entrer en studio et en sortir avec un album.

Malgré le succès qu'avait connu le spectacle, M. Argue hésitait encore: est-ce que la musique de «Brooklyn Babylon» était une oeuvre intéressante lorsqu'écoutée isolément?

«Il y avait tout ce cirque multimédia qui faisait partie de sa conception originale, et je n'étais pas du tout certain si la musique toute seule se tiendrait», se souvient-il.

Il a décidé de tenter le coup. Résultat: une deuxième nomination en quatre ans pour le prix Grammy du meilleur album d'un grand ensemble jazz.

Malgré ce succès d'estime, M. Argue remarque que la vie de musicien ne devient pas réellement plus facile.

«Je dois encore gérer le même genre de problème que tout le monde: tenter désespérément d'obtenir une réponse par courriel des propriétaires de clubs et faire affaire avec des promoteurs qui sont hésitants à l'idée d'embaucher un big bang», illustre-t-il.

Il espère tout de même que cette dernière nomination aux Grammys, dont le gala se déroulera dimanche à Los Angeles, l'aidera à relever ce qui demeure son plus grand défi: amasser l'argent nécessaire pour entreprendre une tournée avec ses nombreux musiciens.

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