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Ukraine : le président Ianoukovitch annonce un remaniement

24/01/2014 07:53 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Aux prises avec des manifestations et des affrontements désormais quotidiens entre l'opposition et les forces de l'ordre, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch annonce un remaniement ministériel et des amendements aux lois sur la répression.

Le président Ianoukovitch a annoncé sa décision peu de temps après une rencontre avec le commissaire européen à l'élargissement, Stefan Füle. Une session extraordinaire du Parlement doit avoir lieu mardi prochain.

« Nous prendrons une décision au cours de cette session : le président signera un décret et nous prendrons la décision de remanier le gouvernement pour former l'équipe gouvernementale la plus professionnelle », a déclaré Viktor Ianoukovitch au cours d'une rencontre avec des dignitaires religieux.

Le président offre également une amnistie pour les militants détenus par les forces de l'ordre ainsi qu'un adoucissement des lois répressives adoptées par son gouvernement pour interdire les manifestations.

Ces lois prévoient notamment des peines de prison de 15 jours pour l'installation de tentes ou d'estrades dans des endroits publics et jusqu'à cinq ans de prison pour les personnes qui bloquent l'accès à des bâtiments officiels. Des sanctions publiquement dénoncées par plusieurs pays occidentaux.

Le chef de l'État ukrainien a cependant prévenu qu'il emploierait « tous les moyens légaux » à sa disposition s'il ne trouvait pas, avec l'opposition, de solution à la crise politique qui perturbe le pays depuis maintenant des semaines.

Rappelons que deux manifestants ont été tués cette semaine lors de violentes manifestations à Kiev.

Barricades et occupations à Kiev

Cet assouplissement de la politique du gouvernement ukrainien survient alors que de nouvelles barricades ont été érigées vendredi matin au centre de Kiev. Des manifestants poursuivent aussi l'occupation du ministère de l'Agriculture à la suite de l'échec d'une deuxième rencontre entre le président Viktor Ianoukovitch et les chefs de file de la contestation.

Des empilements de pneus ont été incendiés à proximité du stade de football du Dynamo Kiev, et une fumée noire se dégageait au-dessus de ce quartier devenu un nouveau terrain d'affrontement entre les manifestants et les forces de l'ordre.

Au moins deux manifestants ont trouvé la mort lors de violentes manifestations dans les rues de Kiev en début de semaine. L'Ukraine est déchirée par une importante crise politique depuis plusieurs semaines.

Une partie importante de la population, qui réclamait un rapprochement et des accords commerciaux avec l'Europe, était révoltée par la décision du président Ianoukovitch de tourner le dos à l'Europe pour accepter un renflouement des finances du pays par la Russie.

L'adoption des nouvelles lois restreignant le droit de manifester a aussi exacerbé les tensions ces derniers jours.

Pressions de l'Occident

Face à l'aggravation de la situation dans le pays, les États-Unis ont évoqué la prise de sanctions contre Kiev en réponse à la répression exercée contre les manifestants. À  la Maison-Blanche, le vice-président Joe Biden a contacté le président Ianoukovitch et l'a prévenu que si les autorités ukrainiennes ne calmaient pas la situation, cela aurait des « conséquences ».

La chancelière allemande Angela Merkel a de son côté fait part de son « indignation » face à la répression, mais a ajouté que l'Union européenne aurait tort de prendre des sanctions contre Kiev.

La France et l'Allemagne ont pour leur part convoqué vendredi les ambassadeurs ukrainiens en poste à Paris et à Berlin.

Le premier ministre ukrainien, Mikola Azarov, pour qui ce mouvement de contestation équivaut à une « tentative de coup d'État », a quant à lui rétorqué qu'il ne fallait « pas croire que le gouvernement manque  de ressources nécessaires pour mettre fin à tout ceci ».

« Nous ne voyons pas le besoin de mesures extrêmes pour le moment, mais ne placez pas le gouvernement dans une impasse », a-t-il mis en garde jeudi en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

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