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Turquie: Erdogan propose de geler une partie de sa réforme judiciaire contestée

24/01/2014 01:11 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a proposé vendredi de "geler" certaines des dispositions clé de son très controversée projet de loi de réforme judiciaire, destiné à renforcer le contrôle politique des magistrats.

"Nous allons geler la partie (du texte) sur le Haut-conseil des juges et procureurs (HSYK) de telle façon que nous puissions faire des progrès parce que les élections approchent", a déclaré M. Erdogan à la presse à l'issue de la prière du vendredi.

"Si c'est nécessaire, nous pouvons les réintroduire (devant le Parlement)", a-t-il toutefois ajouté, "il est hors de question de retirer cette loi".

Le chef du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kiliçdaroglu, s'est réjoui des déclarations de M. Erdogan, qu'il a qualifiées de "très bonne décision" et "d'avancée démocratique".

Le Parlement pourrait donc voter dès vendredi les articles du texte qui ne concernent pas directement la réforme du HSYK, qui suscite depuis deux semaines de très vives tensions entre la majorité islamo-conservatrice et ses adversaires.

Ce débat a dégénéré à deux reprises en pugilat entre députés rivaux, notamment jeudi soir où un député du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir a frappé un de ses collègues de l'opposition, le blessant à l'oeil.

L'opposition dénonce ce projet qui doit donner le dernier mot au ministre de la Justice en matière de nomination de magistrats, affirmant qu'il est contraire à la Constitution et qu'il a pour seul but de permettre au gouvernement d'étouffer les enquêtes qui le menacent.

Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) se sont également inquiétées de ce texte, estimant qu'il portait atteinte à l'indépendance de la justice.

Depuis le 17 décembre, des dizaines de patrons, hommes d'affaires et élus proches du pouvoir ont été inculpés ou incarcérés pour corruption, blanchiment et fraude.

M. Erdogan a en retour engagé une purge sans précédent dans les rangs de la police et la justice, accusées d'être au coeur d'un "complot" ourdi contre lui par ses ex-alliés de la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen, à la veille des élections municipales du 30 mars et présidentielle d'août 2014.

pa/bir

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