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Quatre policiers sud-africains arrêtés après la mort d'un manifestant

24/01/2014 06:43 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Quatre policiers ont été arrêtés vendredi en Afrique du Sud et le plus gradé d'entre eux devra répondre de meurtre, après la mort la veille d'un manifestant dans un bidonville de la périphérie de Johannesburg, a-t-on appris auprès la police nationale.

"Un officier est accusé de meurtre et les trois autres, qui étaient avec lui durant l'incident, seront poursuivis pour entrave à la justice", a précisé le porte-parole Neville Malila. Les trois subordonnés se voient reprocher de n'avoir pas fait état de l'incident comme la loi le leur impose.

"Les quatre (policiers) ont été arrêtés aux premières heures de la matinée (vendredi) et comparaîtront bientôt" devant la justice, a ajouté M. Malila.

Un Sud-Africain de 28 ans a été tué jeudi par balles par la police alors qu'il participait à une violente manifestation contre des expulsions à Durban Deep, un bidonville proche de Johannesburg.

Des habitants avaient barré jeudi les rues avec des pneus enflammés et des troncs d'arbre. La rumeur voulait qu'ils soient bientôt expulsés de force.

C'est la cinquième personne tuée par la police sud-africaine lors de différentes manifestations en deux semaines. La sixième si l'on ajoute un vendeur ambulant abattu par la police municipale de Pretoria alors qu'il protestait contre son éviction début janvier.

"Nous avons assisté ces dernières années à une augmentation des manifestations, et, ce qui est plus inquiétant, certaines d'entre elles ont été violentes", a déploré vendredi le ministre de la Police Nathi Mthethwa.

Lors d'une conférence de presse, le ministre a tenu à défendre l'attitude de la police et rappelé que la police des polices sud-africaine avait ouvert des enquêtes.

"Il n'y a pas de culture prévalente de l'impunité dans le service de police. Nous sommes un gouvernement attentionné et il n'y a pas de carte blanche donnée à nos policiers pour tuer des manifestants innocents", a-t-il expliqué.

Quatorze policiers ont été ou vont être suspendus après la mort le 12 janvier de quatre personnes qui réclamaient le retour de l'eau courante à Mothutlung, une township proche de Brits (nord), a-t-il notamment relevé, précisant que les policiers n'avaient pas tiré à balles réelles.

"Nous devons travailler ensemble pour éviter la répétition de tels événements. Il est de notre responsabilité, en tant qu'individus et que nation, de faire en sorte que les manifestations soient pacifiques et sans incidents", a souligné le ministre de la Police, assurant que ses hommes étaient bien entraînés.

"Nous regrettons la mort des gens. Ce n'est vraiment pas nécessaire quand il y a des manifestations", a ajouté son collègue des Collectivités locales Lechesa Tsenoli à l'agence gouvernementale SAnews.

La police sud-africaine se rend régulièrement coupable de brutalités qui ternissent le bilan du pays en matière de respect des droits de l'homme.

Des policiers ont notamment ouvert le feu sur des manifestants à la mine de platine de Marikana (nord) en août 2012, faisant 34 morts et 78 blessés. D'autres ont traîné en février 2013 un chauffeur de taxi collectif mozambicain mal garé qu'ils avaient attaché à leur fourgon, et qui est mort au commissariat quelques heures plus tard.

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