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Première rencontre entre les deux François : Syrie, liberté religieuse, famille, bioéthique

24/01/2014 09:36 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

En pleine tourmente sur sa vie privée, le président français François Hollande a rencontré le pape vendredi, tête-à-tête délicat pendant lequel a été évoqué le sort de la Syrie, sans esquiver les thèmes épineux de la famille ou de la bioéthique.

Au cours de l'entretien qui a duré 35 minutes et la rencontre que le président a eue avec le secrétaire d'Etat (numéro deux) Pietro Parolin, "la défense et la promotion de la dignité de personne humaine ont été examinées", a indiqué le Vatican dans un communiqué laconique.

Le Saint-Siège a cité quatre domaines, sujets de vifs débats en France : "la famille", "la bioéthique", "le respect des communautés religieuses" et la "protection des lieux de culte".

Il n'a pas été plus explicite sur ces thèmes, alors que des catholiques français avaient adressé au pape une "supplique" pour exprimer leur profond malaise face aux lois ou aux projets de loi sur le mariage homosexuel, l'avortement et la fin de vie (suicide assisté).

Le Saint-Siège a par ailleurs évoqué les thèmes plus consensuels de "l'environnement", du "développement", des "migrations", de la "pauvreté", pour lesquels le pape François est très engagé et soutenu par le gouvernement français.

Sans évoquer les sujets de contentieux avec le Vatican et l'Eglise catholique française, M. Hollande a affirmé partager avec le pape la même valeur commune de "la défense de la dignité humaine". Il a salué "la simplicité rayonnante des premiers mois du pontificat" de Jorge Bergoglio.

Dans une déclaration à la presse, sans questions des journalistes, le chef de l'Etat français a préféré mettre l'accent sur les thèmes internationaux largement consensuels.

Concernant la Syrie, il a demandé que le Saint-Siège reçoive la Coalition nationale syrienne, le groupe le plus important de l'opposition. Une délégation syrienne porteuse d'un message de Bachar El Assad avait été reçue fin décembre par Mgr Parolin.

Selon M. Hollande les deux hommes ont exprimé "la même inquiétude" sur les chrétiens d'Orient. Il a assuré que "la France défendait partout la liberté religieuse".

Une "convergence totale" existe entre la France et le Saint-Siège pour le succès de la conférence climat" à Paris en 2015, a-t-il ajouté.

"J'ai dit au pape qu'il serait le bienvenu dans notre pays quand il le voudrait", a dit François Hollande.

Présent dans la délégation, Nicolas Hulot, envoyé spécial du président pour la protection de la planète, a souhaité que le souverain pontife vienne en France au Mont Saint-Michel, avant la conférence climat.

A son arrivée au Palais pontifical, derrière le cortège des "gentilshommes de sa Sainteté" et l'escorte des gardes suisses, M. Hollande était apparu impressionné et le pape crispé.

L'atmosphère était nettement plus détendue à l'issue du tête-à-tête. François a relevé, en recevant des mains du président un ouvrage sur Saint-François de Sales, célébré ce vendredi, "c'est notre patron !".

Cette visite intervient à un moment délicat pour François Hollande, dont la liaison avec l'actrice Julie Gayet,41 ans, défraye la chronique.

Mais il n'est pas d'usage au Vatican d'aborder des sujets d'ordre privé et la présence de la première dame française, Valérie Trierweiler, avec lequel le président n'est pas marié, n'était de toute façon pas prévue.

Impopulaire auprès de la majorité des fidèles catholiques à l'approche des élections municipales et européennes en France, M. Hollande avait souhaité, selon l'un de ses conseillers, leur adresser "un message fort de dialogue et d'attention".

Alors que son prédécesseur Nicolas Sarkozy promouvait une "laïcité positive" tenant compte de "l'héritage chrétien de la France", M. Hollande se borne à s'afficher en défenseur de la laïcité, "pilier de la République". Il s'était fait accompagner notamment du père missionnaire Georges Vandenbeusch, ex-otage récemment libéré au Nord-Cameroun et embrassé avec chaleur par le pape.

Quelques heures avant la visite, une bombe artisanale a explosé près de Saint-Yves-des-Bretons, l'une des églises françaises de Rome, ne faisant que des dégâts légers et sans lien avec cette visite, selon les enquêteurs.

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