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Les devises des pays émergents de plus en plus malmenées

24/01/2014 04:21 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Les marchés émergents souffrent. Les banques centrales de pays situés en Asie, en Europe et en Amérique latine sont nombreuses à dévaluer leur monnaie respective, dans une tentative de contrer une crise, la pire en cinq ans, qui tire ses origines tant de la sphère économique que politique.

En ce vendredi, la Turquie a vu sa lire sombrer à un record à la baisse (à 2,3234 pour 1 $) et, en Russie, le rouble a atteint le plus bas niveau de son histoire par rapport à l'euro.

Jeudi, les baisses de devises de marchés émergents en cours de session n'en étaient pas moins saisissantes :

  • en Argentine, les décideurs ont dévalué le peso, qui a frappé un plancher inégalé en 12 ans (jeudi et vendredi le peso s'est déprécié face au dollar de 13,9 %, du jamais vu depuis la crise économique de 2001);
  • en Afrique du Sud, mû par un déclin de 1,1 %, le rand a dégringolé à 11 pour 1 $, pour la première fois depuis la crise financière de 2008;
  • en Ukraine, l'hrivna a faibli jusqu'à valoir 8,48 $ pour 1 $, son niveau le plus bas depuis 2009.

Qu'est-ce qui se passe?

Ce marasme dans lequel semblent s'enliser les marchés émergents contraste avec la brillance de leur économie au sortir de la crise financière de 2008-2009. Les économies en développement étaient alors si prometteuses que leur performance éclipsait celle de puissances telles que les États-Unis, l'Europe et le Japon.

Or, ce revirement s'explique :

  • l'annonce, par la Réserve fédérale américaine, en décembre dernier, qu'elle allait réduire ses mesures de soutien à l'économie, une diminution d'achats d'actifs qui a débuté début janvier et qui continuera de se déployer dans les mois à venir;
  • l'essoufflement de l'économie chinoise, au moment où Pékin semble prête « à accepter une croissance réduite, mais durable, tant que ce ralentissement ne mène pas à un chômage de masse politiquement dangereux », de dire Robert Wood, économiste à la banque Berenberg à Londres;
  • les anxiétés des investisseurs, qui retirent leurs capitaux, en particulier des fonds d'actions, et qui entretiennent une certaine crainte vis-à-vis de la capacité des banques centrales de pays émergents à faire face à l'adversité;
  • l'instabilité politique : des pays comme la Turquie, où le président Erdogan tente de se dépêtrer d'un scandale de corruption ou encore l'Ukraine, aux prises avec un mouvement de protestation qui a résulté en des violences mortelles cette semaine.

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