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Irak: plus de 140.000 personnes ont fui les combats d'Al-Anbar (ONU)

24/01/2014 08:48 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Plus de 140.000 personnes ont fui les combats entre les forces de sécurité et les insurgés dans la province d'Al-Anbar, le plus important déplacement en Irak depuis les violences confessionnelles il y a sept ans, a annoncé l'ONU vendredi.

Les affrontements ont encore fait trois morts ces dernières heures dans cette province de l'ouest irakien, où soldats et policiers mènent depuis fin décembre des opérations pour tenter de reprendre plusieurs zones aux insurgés dont des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe lié à Al-Qaïda.

"Depuis le début des combats à la fin de l'année dernière, plus de 140.000 ont fui leurs maisons selon les chiffres du ministère irakien des Emigrés et des Déplacés", a dit Peter Kessler, le porte-parole de l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Il s'agit du plus grand déplacement en Irak depuis les violences confessionnelles" de 2006-2007, a-t-il ajouté en soulignant que 65.000 personnes avaient fui en seulement une semaine.

Des centaines de milliers d'Irakiens avaient abandonné leurs foyers lors des pires violences confessionnelles en 2006-2007 en Irak au moment où les troupes américaines étaient toujours déployées dans le pays qu'elles avaient envahi en 2003. Depuis un grande partie sont rentrés chez eux.

Selon M. Kessler, "de nombreux civils ne peuvent pas quitter ces zones de conflit, où la nourriture et l'essence commencent à manquer".

Parmi les déplacés, des milliers ont fui vers Bagdad ou d'autres provinces proches, mais certains sont allés jusqu'aux régions kurdes du nord du pays.

Le HCR a déploré la situation de ces Irakiens qui n'ont "ni argent ni nourriture", manquent de vêtements d'hiver et dont les enfants "ne vont pas à l'école".

Fin décembre, des quartiers entiers de Ramadi, chef-lieu de la province d'Al-Anbar, ainsi que la totalité de la ville voisine de Fallouja, ont été conquis par les rebelles. Depuis, les troupes gouvernementales tentent de les reprendre.

Vendredi, le bombardement des quartiers de Malaab et d'Aboul Faraj à Ramadi, sous contrôle des insurgés, a tué deux personnes et blessé 30, selon des source médicale et de sécurité.

A Fallouja, une personne est morte et sept autres ont été blessées dans de lourds bombardements jeudi soir.

Les habitants de cette ville accusent l'armée d'être derrière ces bombardements, mais des responsables ont affirmé que les militaires n'y étaient pour rien.

Mercredi, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, un chiite, a appelé les habitants de la province à "prendre position" contre les insurgés, martelant qu'il était "temps d'en finir avec cette question et de mettre fin à la présence de gangs dans cette ville".

Le président américain Barack Obama, qui a reçu mercredi le chef du Parlement irakien Oussama al-Noujaifi, a de son côté appelé Bagdad à "continuer le dialogue pour que les revendications légitimes de toutes les communautés puissent être prises en compte à travers le processus politique".

Ailleurs en Irak, deux corps ont été découverts vendredi près de la ville de Baqouba, une localité du nord de Bagdad en proie à des troubles récurrents.

Diplomates et experts craignent que la violence ne connaisse pas de fin tant que la communauté sunnite se sentira marginalisée. Or, les élections législatives d'avril approchant, il est à craindre que chaque partie joue la carte communautaire, n'apaisant pas les violences qui ont fait plus de 750 morts depuis début janvier.

psr/cbo/hj

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