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Des casques bleus ouvrent le feu dans des violences en République centrafricaine

24/01/2014 04:02 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

BANGUI, République centrafricaine - Des tirs nourris se faisaient entendre dans la capitale de la République centrafricaine, vendredi, à la tombée du jour, des civils se protégeant derrière des carcasses de voitures alors que les balles fusaient. Des casques bleus rwandais, appuyés par des troupes françaises, sont arrivés sur les lieux par la suite et ont aussi ouvert le feu.

Ces violences marquent les plus récents troubles à ébranler ce pays africain, où des milliers de casques bleus français et africains tentent d'apaiser une crise politique ayant déclenché des tueries sans précédent entre chrétiens et musulmans.

Des membres armés d'une milice chrétienne ont été aperçus avançant vers le quartier à prédominance musulmane de Miskine, tard vendredi, dans l'objectif d'attaquer des positions détenues par les combattants musulmans, selon des journalistes de l'Associated Press sur les lieux. Les combats féroces ont eu lieu à seulement 100 mètres de la Place de la Réconciliation, où se trouve une sculpture de colombe blanche.

Des casques bleus rwandais — qui font partie d'un contingent de 4600 membres d'une force africaine tentant de stabiliser le pays — sont arrivés rapidement sur les lieux et ont ouvert le feu, entraînant la fuite de gens dans les rues cherchant refuge dans les débris et les maisons.

Des tirs ont éclaté de nouveau à partir d'une base utilisée par les combattants musulmans à environ 300 mètres de l'endroit.

Plus de 1000 personnes sont mortes durant plusieurs jours de combats sectaires déclenchés par une tentative de coup par des combattants chrétiens en décembre, et les autorités des Nations unies ont prévenu que le chaos pourrait escalader vers le génocide.

Plus tôt vendredi, des miliciens chrétiens ont tué un ancien ministre musulman de premier plan du gouvernement qui avait soutenu le soulèvement de l'an dernier, et Amnistie Internationale a rapporté que plus de 50 musulmans ont été tués dans deux attaques plus tôt ce mois-ci dans des villages au nord-ouest de Bangui.

Le docteur Joseph Kalite, ancien ministre de la Santé qui avait appuyé le leader du coup de force Michel Djotodia, a été assassiné vendredi, selon El-Hadj Wananga Kabara, un responsable à la Mosquée centrale à Bangui. Des témoins ont affirmé que M. Kalite est mort des blessures de coups de machette après que sa voiture eut été prise d'assaut par des combattants chrétiens.

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