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Conférence sur la Syrie: les deux parties doivent se réunir dans «la même pièce»

24/01/2014 08:49 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

GENÈVE - Répondant à une intense pression internationale, le gouvernement syrien et un regroupement de l'opposition soutenu par l'Occident ont accepté vendredi de se réunir dans une «même pièce» pour des négociations pour une première fois depuis le début du soulèvement contre le président Bachar el-Assad.

Après trois jours de rhétorique hostile et des heures à éviter tout contact à la conférence de paix sous l'égide des Nations unies, les deux parties vont se rencontrer «dans la même pièce», a indiqué le médiateur de l'ONU, Lakhdar Brahimi, tentant de trouver une issue à la guerre civile ayant tué 130 000 personnes depuis 2011.

M. Brahimi a rencontré séparément la délégation de Bachar el-Assad et les représentants de la Coalition nationale syrienne, qui sont arrivés aux bureaux des Nations unies à Genève à cinq heures d'intervalle afin d'éviter de se croiser.

Le médiateur a fait valoir que personne ne s'attendait à ce que ce soit facile, mais a dit croire que les deux parties étaient «conscientes de ce qui est en jeu».

M. Brahimi, un médiateur reconnu pour sa patience, est salué pour ses efforts dans la stabilisation de l'Irak et de l'Afghanistan après les chutes des gouvernements dans ces pays orchestrées par les États-Unis. Mais il fait face à une tâche énorme pour construire la paix en Syrie, un pays pris d'assaut par des activistes inspirés par le réseau Al-Qaïda. Le conflit a favorisé des luttes de pouvoir régionaux entre l'Iran et l'Arabie saoudite.

Après l'annonce de M. Brahimi, un membre du groupe d'opposition a affirmé qu'un doute planait sur ce qui surviendrait samedi, précisant que la Coalition nationale syrienne comptait transiger seulement avec le médiateur.

«Tout le monde sera dans la même pièce, mais tout le monde s'adressera à M. Brahimi. Il sera celui qui mènera les négociations, a dit Louay Safi, qui prend part aux discussions. Nous nous adresserons à lui. Il n'y aura pas de négociations directes avec le régime.»

Le ministre syrien de l'Information, Omran al-Zoubi, a affirmé que la délégation de Bachar el-Assad aurait une approche «réfléchie et flexible».

Plus tôt vendredi, le gouvernement syrien avait lancé un ultimatum au médiateur de l'ONU, menaçant de quitter la table des négociations si aucunes discussions «sérieuses» n'étaient amorcées d'ici samedi.

Les parties se trouvent en Suisse depuis mercredi dans le cadre des efforts des Nations unies pour trouver une issue à la guerre civile en Syrie.

Les premières négociations directes entre le gouvernement syrien et la Coalition nationale syrienne, qui devaient avoir lieu vendredi, ont été annulées.

La conférence de paix, dont l'issue était incertaine dès le départ, n'en demeure pas moins, selon des observateurs, le meilleur scénario pour tenter de trouver une solution politique au conflit syrien. La guerre, qui a éclaté il y a près de trois ans, a fait plus de 130 000 victimes.

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