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Chuck Strahl quitte le Comité de surveillance des activités de renseignement

24/01/2014 05:19 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

OTTAWA - L'ancien député conservateur Chuck Strahl a démissionné de son poste de président du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), à la suite d'accusations d'activités de lobbyisme inappropriées, ce dont il se défend.

Dans une lettre au premier ministre rendue publique vendredi, M. Strahl annonce qu'il démissionne, même s'il a suivi au pied de la lettre les règles concernant les conflits d'intérêt, pour éviter que cette affaire ne porte ombrage au comité indépendant, qui surveille les activités du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Plus tôt ce mois-ci, des députés de l'opposition ont critiqué l'ancien ministre conservateur des Affaires autochtones et des Transports, notamment, qui est devenu lobbyiste pour la compagnie Northern Gateway Pipelines.

Les néodémocrates ont affirmé que cela devrait aller de soi que M. Strahl, un employé payé par le gouvernement, ne puisse faire pression auprès du gouvernement afin d'obtenir son approbation pour un important projet d'oléoduc dans l'ouest du pays.

Un enregistrement du Bureau du greffier des lobbyistes de la Colombie-Britannique datant du 6 décembre indique que M. Strahl prévoit organiser une rencontre entre la compagnie d'oléoduc et le ministre du Développement de l'industrie du gaz naturel, Rich Coleman.

Les organismes de réglementation ont approuvé sous conditions le projet Northern Gateway, qui représente un investissement de huit millions $ de la compagnie Enbridge. L'oléoduc transporterait le pétrole brut de l'Alberta à Kitimat, en Colombie-Britannique.

Le gouvernement fédéral n'a pas encore approuvé ni refusé le projet.

Le prédécesseur de M. Strahl au CSARS, le docteur Arthur Porter, avait également démissionné en pleine controverse, en novembre 2011, questionné sur ses liens avec des intérêts privés.

M. Strahl affirme dans sa lettre qu'en tout temps, la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, Mary Dawson, était au courant de ses activités.

Il a aussi publié, vendredi, deux lettres de Mme Dawson, une adressée à lui, l'autre à la députée libérale Joyce Murray. Dans les deux documents, la commissaire confirme que M. Strahl n'est pas, à ses yeux, en conflit d'intérêts.

Le premier ministre Stephen Harper a accepté la démission de M. Strahl et annoncé, par voie de communiqué, que l'ancienne députée conservatrice Deborah Grey agira à titre de présidente intérimaire du Comité de surveillance du SCRS, jusqu'à ce qu'on trouve un remplaçant.

«Comme Mme Grey est nommée présidente du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité, il n'y aura pas d'interruption dans l'examen des activités du SCRS ni dans le traitement des plaintes du public», a indiqué le premier ministre.

L'opposition n'a pas tardé à réagir.

«Comme d'habitude, les conservateurs prennent des mesures seulement après qu'ils aient été pris la main dans le sac», a affirmé Nathan Cullen, le leader parlementaire du NPD, ajoutant que M. Strahl «a fait la bonne chose en démissionnant du CSARS».

«M. Harper devrait aussi faire la bonne chose; combler les lacunes en matière de lobbying et procéder aux nominations du CSARS de façon plus transparente et responsable.»

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