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Chine: procès d'un activiste d'un mouvement pro-démocratique

24/01/2014 05:57 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Les autorités chinoises jugeaient vendredi un activiste, membre d'un mouvement informel réclamant des avancées démocratiques dans le pays, alors que Pékin intensifie sa répression des voix dissidentes.

Le procès de Liu Yuandong s'est déroulé en un jour à Canton (sud), a confirmé à l'AFP son avocat Liu Zhengqing. Accusé de "troubles à l'ordre public" pour avoir participé à des manifestations contre la censure, il encourt cinq années d'emprisonnement, a précisé Me Liu.

Liu Yuandong appartient au "Mouvement de la rue du Sud", un réseau informel d'activistes de la province méridionale du Guangdong qui avait organisé l'an dernier une douzaine de manifestations où était réclamée la fin de la "dictature du Parti unique". Plusieurs de ses membres ont été interpellés par les autorités.

Les militants de ce mouvement s'étaient également distingués début 2013 par leurs manifestations de soutien à l'Hebdomadaire du Sud (Nanfang Zhoumou), l'un des magazines chinois les plus respectés, après la censure d'un éditorial.

Le procès de Liu intervient alors qu'étaient jugés cette semaine à Pékin plusieurs militants anticorruption liés au Mouvement des nouveaux citoyens, autre réseau informel appelant pour sa part à davantage de transparence sur le patrimoine des responsables politique.

Dans un pays où l'appareil judiciaire est étroitement soumis aux décisions politiques, il est quasiment certain que l'ensemble de ces procès déboucheront sur des condamnations.

Selon l'avocat de Liu Yuandong, celui-ci était mécontent que le tribunal n'accepte d'entendre que deux des six témoins qu'il avait fait appeler. Au terme d'une audience de six heures, il a plaidé non coupable, a précisé Me Liu.

Des dizaines de véhicules de police étaient stationnés aux abords du tribunal, a également indiqué l'avocat. Des messages postés sur le réseau social Weibo rapportaient que des partisans de Liu présents devant le bâtiment avaient été maltraités par les forces de l'ordre.

Amnesty International avait dénoncé mardi l'"hypocrisie" des autorités chinoises, ces dernières jugeant à Pékin des militants anticorruption tout en affichant une volonté de transparence et de lutte contre les pots-de-vin.

Les Etats-Unis tout comme l'Union européenne avaient condamné l'interpellation du fondateur du Mouvement des nouveaux citoyens, l'avocat et universitaire Xu Zhiyong --dont le procès s'est déroulé mercredi dans la capitale.

Dans cette affaire, le tribunal annoncera son verdict dimanche, a indiqué Zhang Qingfang, l'avocat de Xu.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Chine Gary Locke a appelé jeudi à la libération de Xu et autres "prisonniers politiques". Pékin avait demandé mardi aux pays étrangers de ne "pas s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine".

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