NOUVELLES

Championnat du monde IBF des super-légers: Dierry Jean prêt pour sa chance au titre

24/01/2014 03:53 EST | Actualisé 24/01/2014 04:17 EST
NICHOLAS KAMM via Getty Images
US boxer Lamont Peterson(L) and Haitian-born Canadian Dierry Jean attend the weigh-in in Washington,DC on January 24, 2014, the eve of their IBF light welterweight championship fight on January 25. AFP PHOTO/Nicholas KAMM (Photo credit should read NICHOLAS KAMM/AFP/Getty Images)

MONTRÉAL – Dierry Jean a fait face à un véritable chemin de croix avant d’obtenir sa chance. Samedi soir au DC Armory de Washington, capitale américaine, il tentera de soutirer le titre de champion du monde IBF des super-légers à l’Américain Lamont Peterson.

Jean (25-0, 17 K.-O.) et Peterson (31-2-1, 16 K.-O.) ont tous deux respecté le poids à la pesée officielle, vendredi. L’aspirant fleurdelisé a d’abord enregistré un poids de 139 livres, tandis que le champion a fait osciller la balance à 139,5 livres.

« Dierry est complet et il est extrêmement habile. S’il y en a un qui peut causer la surprise, c’est bien lui », a avancé l’entraîneur de Jean Pascal, Marc Ramsay, qui sera dans le coin du Montréalais avec son comparse Michele « Mike » Moffa pour cette rencontre d’importance capitale.

« Mike Moffa m’a beaucoup aidé avec mes protégés. Il m’a invité à l’accompagner et je ne pouvais juste pas refuser! », a-t-il ajouté.

Un deuxième champion?

À l’heure actuelle, la Belle Province ne compte qu’un seul champion du monde en la personne d’Adonis Stevenson, qui détient les ceintures The Ring et WBC des mi-lourds (175 lb). Il est fort possible qu’on assiste au couronnement d’un second monarque québécois samedi, chez les super-légers (140 lb) cette fois.

Dierry Jean est peu connu à l’extérieur du cercle restreint des fervents amateurs de boxe. On le compare à un petit Jean Pascal.

Et curieusement, le boxeur droitier âgé de 31 ans affrontera un rival qui pourrait être aussi brisé mentalement que le dernier opposant de Pascal, Lucian Bute.

« Il a subi un violent K.-O. à sa dernière sortie contre l’Argentin Lucas Matthysse, mais son titre n’était pas en jeu. C’est un bon timing pour Dierry c’est certain, mais il est difficile de savoir si Peterson est affecté comme Bute », a analysé Marc Ramsay.

Parti de loin

« Je me rappelle d’un gars de 17 ans qui est arrivé au Club de boxe Legends (défunt gymnase de boxe situé à Villeray), se souvient l’entraîneur Marc Ramsay. Ça jouait dur là-bas à l’époque, avec Jean Pascal et Antonin Décarie qui étaient déjà champions canadiens, en plus de Greg Michel et Finney Maurice. »

« C’était plus dur remporter le championnat du Legends que de devenir champion du Québec de sa catégorie, mais Dierry avait les capacités athlétiques pour compenser son manque d’expérience, poursuit-il. C’est pourquoi il a affronté des gars comme Benoit Gaudet (Olympien à Athènes) avec seulement 30 combats sous la cravate. »

Jean a raté sa chance de se qualifier sur l’équipe canadienne. Toutefois, décidé comme pas un, il a tout de même pris la direction d’un tournoi de qualification, au Brésil, cette fois-ci sous les couleurs d’Haïti. Malheureusement, il a subi une défaite crève-cœur et c’en était fait du rêve olympique pour Athènes.

L’athlète dirigé par Mike Moffa n’avait, encore une fois, pas dit son dernier mot: il comptait passer chez les professionnels, même s’il n’avait pas l’appui d’un promoteur en bonne et due forme puisqu’il n’a jamais remporté un titre de champion canadien chez les amateurs.

Chez les pros

Après une attente interminable, l’habile combattant à la peau d’ébène réussit à se dénicher un duel professionnel en décembre 2006 et un second, en février 2007. Fort de deux victoires convaincantes, le Groupe Yvon Michel (GYM) se décide à signer Dierry Jean.

Hélas, en 2012, GYM doit se départir du bagarreur, même s’il a disputé une finale au Centre Bell, puisqu’il y a trop de poulains à nourrir dans l’écurie. C’est alors qu’Eye of the Tiger Management, une firme en pleine expansion, prends le relais.

Après avoir mis la main sur deux ceintures nord-américaines (NABF et NABA), «Dougy Style» a été invité à prendre part à un choc éliminatoire de l’IBF avec le Californien Cleotis Pendarvis, le 10 mai 2013 en Oklahoma, en direct sur la chaîne Showtime.

Coup d’éclat: l’espoir américain a été victime de la main droite explosive du gladiateur montréalais au quatrième round. Jean est ainsi devenu aspirant obligatoire à la couronne de Lamont Peterson.

La chance de sa vie

Un court métrage sur Dierry Jean, Plaza Underdog, avait été présenté en 2011 afin d’illustrer les hauts et les bas de sa vie rocambolesque.

« À l’âge de sept ans, j’ai perdu mes deux parents. Depuis ce temps, j’ai une rage. J’essaie d’être un modèle pour les jeunes de mon quartier, mais je n’ai même pas d’auto! », avait-il alors raconté dans le film.

Avec une victoire samedi, les choses pourraient changer drastiquement pour le pugiliste d’origine haïtienne.

Bien sûr, ce n’est pas la bourse de 39 000$ qu’il touchera qui lui permettra une retraite dorée, mais un titre de champion du monde, remporté sur les ondes d’un réseau prestigieux comme Showtime, lui garantirait une autre invitation beaucoup plus payante.

INOLTRE SU HUFFPOST

Combat Pascal-Bute - 18 janvier 2014