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Centrafrique: la nouvelle présidente prépare son gouvernement dans l'urgence

24/01/2014 05:18 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

La présidente centrafricaine s'employait vendredi, au premier jour de son entrée en fonction, à former son équipe gouvernementale dont la mission sera de désamorcer dans l'urgence la haine qui ronge le pays après des mois de violences entre chrétiens et musulmans.

Après sa prestation de serment devant les magistrats de la Cour constitutionnelle jeudi, Catherine Samba Panza s'installe dès ce vendredi au palais présidentiel pour travailler.

Une brève cérémonie de passation des pouvoirs devait s'y tenir avec le président du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), Alexandre-Ferdinand Nguendet, qui a assuré l'intérim de l'exécutif depuis la démission, le 10 janvier et sous la pression internationale, de Michel Djotodia, a-t-on indiqué de source officielle.

La nouvelle présidente devait ensuite avoir une série d'entretiens "avec les différentes couches de la société", selon la même source, avant de nommer rapidement son Premier ministre et un gouvernement qu'elle dit vouloir "resserré" et composé de "technocrates".

Elle va ainsi recevoir notamment "les corps constitués", des représentants des partis politiques, de la société civile, du mouvement associatif, etc...

Selon des sources politiques et diplomatique, la présidente devrait ensuite annoncer le nom de son Premier ministre, d'ici la fin de la semaine, puis dans la foulée la composition d'un gouvernement qui devra être prêt immédiatement à relever le défi de restaurer la paix après des mois de haines intercommunautaires.

"Aux combattants des ex-Séléka partisans musulmans de M. Djotodia) et aux anti-balaka (milices chrétiennes), je leur demande avec insistance d'observer un comportement patriotique en déposant les armes", a demandé une nouvelle fois Mme Samba Panza lors de sa prestation de serment.

Règlements de compte

M. Djotodia, qui avait renversé le régime de François Bozizé en mars 2013 à la tête de sa coalition rebelle Séléka, a été contraint à la démission pour son incapacité à arrêter les tueries entre chrétiens et musulmans.

Vendredi matin, dans le quartier du PK-12, à la sortie nord de la capitale, ces appels à l'apaisement n'ont pas été entendus par les pillards, qui comme les jours précédents, continuaient de s'en prendre aux biens des civils musulmans, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Un cadavre gisait dans une brouette. Selon des témoins, il s'agissait d'un "règlement de comptes" entre pillards. De jeunes hommes emportaient tôles, charpentes de maisons désertées par des familles musulmanes qui ont fui les violences.

Les soldats français de l"opération Sangaris étaient déployés dans le quartier pour empêcher que les pillages ne dégénèrent en tueries.

Des miliciens anti-balaka étaient également visibles. A quelques centaines de mètres de là, la vie paraissait normale.

Ces violences au quotidien soulignent que rien n'est réglé en Centrafrique pour l'instant, même si l'élection de Mme Samba Panza a été favorablement accueillie par la population et la communauté internationale, qui a lui a promis son soutien financier.

La Banque mondiale a ainsi annoncé jeudi une aide d'urgence de 100 millions de dollars. L'Union européenne va envoyer une force d'environ 500 hommes à Bangui pour soutenir les 1.600 soldats français de Sangaris et les quelques 5.000 hommes de la force africaine (Misca) déjà sur le terrain.

En province, la "majorité" du territoire reste sous la coupe implacable de chefs de guerre, ont rappelé mercredi l'archevêque et l'imam de Bangui, Dieudonné Nzapalainga et Oumar Kobine Layama, qui depuis des mois appellent en vain leurs concitoyens à la paix.

Ces mois de violences ont provoqué un désastre humanitaire en Centrafrique, déjà l'un des pays les plus pauvres du continent, en dépit de son potentiel agricole et minier.

La crise affecte directement la moitié des quelque 4,6 millions de Centrafricains, avec des centaines de milliers de déplacés des violences, dont 400.000 dans la seule capitale.

bur-mc/aub

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