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Centrafrique : "les forces internationales manquent à leur devoir envers les musulmans" (Amnesty)

24/01/2014 01:03 EST | Actualisé 26/03/2014 05:12 EDT

Les forces internationales déployées en Centrafrique "manquent à leur devoir envers la communauté musulmane", a jugé vendredi Amnesty International, qui fait état du "massacre de femmes, d'enfants et de vieillards" musulmans dans ce pays.

"Les nouveaux éléments de preuve recueillis par Amnesty International, qui font état du massacre de femmes, d'enfants et de vieillards, mettent en lumière le grand péril que court la minorité musulmane en République centrafricaine", a affirmé Amnesty dans un communiqué.

"Plus de 50 musulmans ont été tués dans le cadre de deux attaques sur lesquelles a enquêté Amnesty International dans des villages situés au nord-ouest de la capitale Bangui. Parmi les victimes figurent au moins six enfants, cinq femmes et trois personnes âgées", a souligné l'organisation.

Les deux attaques ont été menées par les milices chrétiennes antibalaka, "qui exercent aujourd'hui le pouvoir dans un grand nombre de villes et de villages au nord-ouest de la capitale", selon Amnesty.

"Les forces internationales de maintien de la paix manquent à leur devoir envers la communauté musulmane", a jugé Joanne Mariner, conseillère d'Amnesty International pour les situations de crise, qui se trouve à Bangui.

"De très nombreux civils ont été laissés sans protection face aux représailles violentes des milices antibalaka, à un moment où ces attaques étaient tout à fait prévisibles", a-t-elle dénoncé.

"La communauté chrétienne a énormément souffert l'année dernière. La soif de vengeance est palpable en République centrafricaine. Étant donné le caractère très prévisible de ces violences, il faut renforcer les opérations de maintien de la paix afin de les éviter", a demandé Joanne Mariner.

"De nombreux chrétiens (...) éprouvent une très grande colère envers la minorité musulmane, convaincus que les musulmans se sont rendus complices des atteintes aux droits humains commises par les ex-Séléka (musulmans, ndlr). Dans les semaines et les mois qui ont précédé ces terribles attaques, les tensions entre chrétiens et musulmans se sont radicalement accrues", a indiqué Amnesty, rappelant qu'un millier de chrétiens ont été tués début décembre 2013 par les forces des ex-Séléka à Bangui.

"Alors que les chefs d'État de l'Union africaine se réunissent pour parler de la crise en République centrafricaine la semaine prochaine", Amnesty International "appelle les décideurs à veiller à ce que les forces de maintien de la paix apportent une réponse efficace à la situation critique qui se déploie sur le terrain".

La Centrafrique, pays très pauvre au passé troublé par les coups d'Etat à répétition, s'est enfoncée dans un chaos sans précédent et des tueries interreligieuses de masse depuis mars 2013.

Plus de 1.600 soldats français sont déployés dans ce pays, ainsi que 4.400 militaires africains. L'Union européenne a aussi promis de dépêcher 500 hommes.

thm/nou

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