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Un hôtel turc prisé des célébrités contraint de fermer pour cause de loi anti-alcool

23/01/2014 11:05 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT
Getty Images
Antalya, Antalya, Turkey, Middle East

Quatre siècles après avoir reçu ses premiers clients, un célèbre hôtel turc, lieu de villégiature prisé des célébrités du monde entier de passage en Turquie, a fermé ses portes, victime d'une récente loi anti-alcool du gouvernement.

Aux dires de son responsable Ali Acundas, le caravansérail Okuz Mehmet Pasa, du nom d'un grand-vizir (premier ministre du sultan) de l'empire ottoman, situé près de la station balnéaire égéenne de Kusadasi, ne peut simplement plus fonctionner.

"Nous avons déjà enregistré des pertes ces dernières années à cause de la situation économique en général", explique M. Acundas à l'AFP. "Mais la récente loi destinée à réduire les ventes d'alcool nous a porté un coup fatal".

Au pouvoir depuis 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) a fait voter en mai dernier un texte qui a limité de manière draconienne la consommation et la publicité de l'alcool, interdite par l'islam, arguant de la protection de la santé publique.

Les hôtels et les restaurants qui disposent d'une licence de vente ont échappé à ces restrictions, mais l'établissement de M. Acundas, construit en 1618, a été écarté de la liste des bénéficiaires à la faveur de la nouvelle loi, car classé monument historique.

Dans ces conditions, le gestionnaire n'a pu garder sa clientèle traditionnelle, essentiellement composée de touristes étrangers.

"On ne peut pas demander à un client français de renoncer à un verre de vin et lui proposer à la place un jus d'orange", a-t-il regretté.

Dans la longue liste des clients célèbres de son hôtel de 26 chambres, M. Acundas se souvient de "l'ancien président américain Jimmy Carter", de "l'ex-Premier ministre grec Georges Papandréou" et de nombreuses personnalités de la jet-set.

La loi anti-alcool de 2013 fut l'une des principales mesures critiquées en juin dernier lors de la vague de manifestations contre le Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, accusé de dérive autoritaire et de vouloir "islamiser" la Turquie.

Malgré le coup porté à son commerce, Ali Acundas s'est voulu optimiste. "Tout cela n'est que temporaire", a-t-il pronostiqué, "je suis sûr que ces erreurs seront réparées".

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