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Un cessez-le-feu conclu entre le gouvernement et les rebelles du Soudan du Sud

23/01/2014 01:25 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

ADDIS ABEBA, Éthiopie - Le gouvernement et les rebelles du Soudan du Sud ont signé jeudi un accord de cessez-le-feu, qui devrait donner un peu de répit aux civils coincés dans les affrontements qui font rage depuis cinq semaines.

Des négociateurs des deux parties discutent depuis des semaines à Addis Abeba, la capitale éthiopienne. La trêve conclue jeudi est le premier progrès tangible de ces négociations.

L'accord devrait permettre de faire cesser les violences qui ont fait des milliers de morts et forcé le déplacement de quelque 500 000 personnes depuis le début des affrontements, le 15 décembre, entre les troupes gouvernementales et les partisans de l'ancien vice-président Riek Machar.

Une équipe technique a été mise sur pied pour surveiller le respect de l'accord.

José Barahona, directeur de l'organisation Oxfam au Soudan du Sud, a déclaré que l'accord donnait «une seconde chance» au plus jeune pays du monde.

Mais des interrogations ont aussitôt été émises à savoir si tous les combattants au Soudan du Sud respecteraient l'entente, et pour combien de temps elle pourrait tenir.

Un porte-parole militaire a prévenu qu'un groupe de combattants rebelles appartenant au même groupe ethnique Nuer que l'ancien vice-président — des milliers de jeunes armés connus sous le nom de l'«Armée blanche» — pourrait ne pas vouloir la paix.

«Riek Machar a fait usage de cette force pour combattre le SPLA, alors nous devons attendre de voir ce qui va se passer», a dit le colonel Philip Aguer, utilisant l'acronyme pour l'armée du Soudan du Sud.

«La guerre n'est bonne pour personne. (...) Des civils innocents meurent, alors il est bon pour la population du Soudan du Sud d'avoir la paix», a-t-il exprimé.

À Washington, le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney a salué l'entente, désignée comme une «cessation des hostilités», parlant d'un «premier pas majeur visant à mettre fin à la violence» et à construire une paix durable. Les États-Unis s'attendent à ce que les deux parties mettent l'accord en vigueur de manière rapide et complète, a-t-il soutenu, tout en les pressant à favoriser un dialogue inclusif.

«Les États-Unis continueront d'être un allié stable pour ceux qui choisissent la voie de la paix» et travaillent en fonction d'un Soudan du Sud unifié et plus démocratique, a dit M. Carney.

Les discussions doivent reprendre au début février, mais un point d'achoppement majeur demeure entre les parties. Les partisans de Riek Machar font pression pour que soient libérés de prison 11 anciens hauts responsables gouvernementaux. Le président Salva Kiir a affirmé que ces 11 anciens leaders doivent se soumettre au processus judiciaire au Soudan du Sud.

Le négociateur en chef pour les fidèles de Riek Machar, Taban Deng Gai, général ayant fait défection de l'armée du Soudan du Sud, a dit tard jeudi que les discussions ne se poursuivraient pas si le gouvernement ne relâche pas les 11 détenus. Le ministre sud-soudanais de l'Information, Michael Makuel Lueth, a fait valoir que la question de ces détenus n'a rien à voir avec l'accord de cessation des hostilités.

Les États-Unis avaient aidé aux discussions ayant vu le Soudan du Sud mettre fin à sa guerre civile avec le Soudan en 2005, avant d'obtenir l'indépendance en 2011.

Les Nations unies ont indiqué jeudi assurer la protection de 76 000 civils dans huit bases au pays. La mission onusienne a reçu des signalements de poursuite des combats dans plusieurs secteurs.

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