NOUVELLES

Tragédie à L'Isle-Verte: réactions nombreuses et plusieurs questions soulevées

23/01/2014 02:40 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - De Davos, où elle participe au Forum économique mondial, la première ministre Pauline Marois a exprimé son amitié, sa solidarité et ses condoléances aux familles touchées par l'incendie de la Résidence du Havre à L'Isle-Verte, dans le Bas-Saint-Laurent.

Le feu a ravagé la résidence pour aînés dans la nuit de jeudi. Le bilan risque d'être lourd, comme l'a reconnu le premier ministre Stephen Harper. «On peut garder un peu d'espoir, mais la réalité indique des pertes de vies considérables», a-t-il indiqué d'Amman, en Jordanie, où il est en visite officielle.

De Québec, la députée de la Coalition avenir Québec Nathalie Roy avait peine à s'exprimer à son arrivée à l'Assemblée nationale, jeudi matin. La voix étranglée, ses mots ont été dirigés vers les proches et les équipes de premiers répondants.

«Nous sommes de tout coeur avec les gens de L'Isle-Verte. Nos sympathies aux familles et aux gens qui ont travaillé très fort toute la nuit pour retrouver des victimes et des gens. C'est une grande tristesse», a confié la députée.

Pour sa part, la députée libérale Lise Thériault s'attend à une importante enquête du coroner sur les causes du sinistre. Elle juge aussi inévitable la formulation d'une série de recommandations pour accroître la sécurité dans les résidences pour personnes âgées. «S'il faut changer nos lois pour mieux protéger nos aînés, changeons-les!», a lancé Mme Thériault.

Françoise David, députée de Québec solidaire, a abondé dans le même sens. Le temps venu, a-t-elle souhaité, il faudra répondre à de nombreuses questions portant sur la sécurité, les bâtiments, les normes, le personnel de nuit.

«Des résidences pour aînés, il y en a beaucoup au Québec. Avec les coupes que l'on connaît, souvent il n'y a pas grand monde la nuit. Je ne pose pas de jugement sur ce qui s'est passé à L'Isle-Verte, mais ce type de tragédie nous invite à dire: pensons à nos aînés», a indiqué Mme David.

Le chef de l'Opposition à Ottawa, Thomas Mulcair, a témoigné de la sympathie de tous les néo-démocrates. «C'est toute une communauté qui est sous le choc ce matin et sachez que nous ressentons ce choc avec vous, a-t-il écrit. Vous avez perdu des êtres chers dans une froide nuit d'hiver et nous sommes à vos côtés.»

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a confirmé que toutes les hypothèses sont considérées et qu'une enquête est ouverte.

«J'ai eu droit à des témoignages émouvants de pompiers et policiers qui sont intervenus, au péril de leur propre sécurité, et qui ont fait tout ce qui était possible pour dégager un maximum de personnes», a mentionné le ministre Bergeron.

Onde de choc

L'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic a souligné l'ironie d'assister à une telle catastrophe au lendemain d'une séance de la commission parlementaire sur les conditions de vie en centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). La présidente, Lyne Parent, a réclamé la nomination rapide d'un coroner pour faire la lumière sur ces événements tragiques.

Louis Plamondon, président de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées (AQDR), croit que de sérieuses questions doivent être posées sur la sécurité dans les résidences pour personnes âgées. «C'est un risque auquel les résidences n'échappent pas, mais comment diminuer ce risque d'incendie? La leçon à tirer serait de documenter les endroits les plus vulnérables.»

M. Plamondon insiste également sur la nécessité de prévoir suffisamment de personnel sur place afin de répondre à des situations de crise, et de mieux analyser les besoins de la clientèle de ces résidences. «D'après nos informations, il y avait des gens à mobilité extrêmement réduite, des personnes qui auraient peut-être dû se trouver en CHSLD, mais à L'Isle-Verte comme ailleurs, il en manque», admet-t-il.

M. Plamondon s'inquiète également du sentiment d'insécurité ressenti par les aînés après cet incendie. Selon lui, plusieurs ressentiront un stress certain à la vue de ces images.

Yves Desjardins, président du Regroupement québécois des résidences pour aînés, dont était membre la résidence incendiée, a confié être lui aussi ébranlé.

M. Desjardins a aussi affirmé que personne n'est à l'abri d'une catastrophe comme celle-là.

«C'est le message que l'on donne à nos propriétaires: de toujours être aux aguets, de constamment être en alerte et former le personnel, parce qu'on ne sait jamais quand ça peut arriver», a-t-il indiqué.

PLUS:pc