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Soudan du Sud: entente sur un cessez-le-feu

23/01/2014 01:18 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Le gouvernement et les rebelles sud-soudanais ont signé jeudi un accord de cessez-le-feu après cinq semaines d'affrontements qui ont fait des milliers de morts.

Les chefs des deux délégations, celle du camp du président Salva Kiir et celle de l'ancien vice-président Riek Machar, ont paraphé l'accord à Addis-Abeba, capitale de l'Éthiopie, après plusieurs semaines de discussions.

Le texte, négocié sous l'égide de l'Igad, l'Autorité intergouvernementale pour le développement qui regroupe sept pays est-africains, prévoit la cessation des hostilités dans les vingt-quatre heures.

Mais sa mise en application posera la question de la capacité de Riek Machar à faire obéir ses troupes, dont une partie est autonome.

« La crise qui a touché le Soudan du Sud n'est que la manifestation des défis auxquels doit faire face cet État jeune et encore fragile », a déclaré le médiateur en chef de l'Igad, Seymoun Mesfin, lors de la cérémonie de signature.

L'indépendance du pays, issu d'une scission avec le Soudan au terme de plusieurs décennies de conflit, a été proclamée en juillet 2011.

« Je pense que les défis que pose l'après-guerre sont plus grands encore que ceux que posait la guerre elle-même. Le processus sera (...) imprévisible et délicat », a ajouté Seymoun Mesfin.

Doutes sur l'accord

Le ministre sud-soudanais de la Défense, Kuol Manyang Juuk, avait estimé dans un entretien accordé à Reuters la semaine dernière que Riek Machar n'avait pas les moyens de faire respecter un cessez-le-feu.

« Cet accord ne répond pas aux problèmes actuels du Soudan du Sud. Nous avons besoin d'un accord politique exhaustif », a dit un représentant des rebelles. « Nous ne consentons à signer que parce que nous subissons, comme eux (les partisans de Kiir), des pressions. »

Le texte prévoit un arrangement concernant la question des détenus, sur laquelle avaient achoppé les discussions. Les rebelles exigeaient la libération de onze détenus accusés d'avoir fomenté un coup d'État à Juba.

Selon Seymoun Mesfin, les deux parties se sont entendues sur le sujet mais les onze partisans de Riek Machar devront malgré tout passer devant la justice sud-soudanaise.

Les rebelles, qui demandaient également le départ des troupes ougandaises du pays, ont obtenu satisfaction sur ce point.

Le texte de l'accord prévoit, selon Mar Nyot, porte-parole de la délégation des rebelles, « le retrait des forces alliées invitées par les deux camps ».

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