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Rwanda: HRW dénonce l'enlisement de l'enquête sur la mort d'un militant anticorruption

23/01/2014 02:35 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

L'enquête sur le meurtre en juillet d'un militant de l'ONG Transparency International au Rwanda "semble s'être enlisée", a estimé Human Rights Watch (HRW), appelant les autorités du pays à la relancer.

"L'enquête officielle sur l'assassinat d'un militant anticorruption rwandais semble s'être enlisée au bout de six mois", a dénoncé l'ONG de défense des droits de l'Homme dans un communiqué reçu jeudi, en faisant référence au meurtre en juillet de Gustave Makonene, coordinateur de Transparency Internationale à Rubavu (ouest).

Le corps sans vie de M. Makonene avait été découvert dans la matinée du 18 juillet sur une route près du lac Kivu. "Un rapport médical de la police indique qu'il a été étranglé", rappelle HRW.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du Parquet rwandais, Alain Mukuralinda, a affirmé que la police avait arrêté son enquête, mais que le Parquet avait pris le relais et qu'il continuait "à suivre toutes les pistes".

"Dans le cadre de son travail pour Transparency International, Makonene avait traité des allégations de corruption, dont certaines auraient impliqué des membres de la police", affirme encore l'organisation basée à New York.

L'ONG de défense des droits de l'Homme déplore également "un silence troublant" des médias locaux et des organisations indépendantes au sujet de cette affaire.

"Dans la plupart des autres pays, le meurtre non résolu d'un militant anticorruption aurait fait la une des journaux et des groupes indépendants réclameraient justice", estime Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch, cité dans le communiqué.

"Ce silence illustre la faiblesse des organisations et des médias indépendants au Rwanda", poursuit l'ONG des droits de l'Homme.

"Les autorités rwandaises devraient relancer leurs enquêtes sur le meurtre de Makonene (...) tant afin de rendre la justice que pour rassurer les militants anticorruption et des droits humains sur le fait que les autorités policières et judiciaire traitent ces affaires avec le sérieux qu'elles méritent", conclut le communiqué.

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