POLITIQUE

Une nouvelle ligne téléphonique vient en aide aux soldats et aux proches

23/01/2014 05:31 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT
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OTTAWA - Huit mois après avoir été annoncée, une nouvelle ligne téléphonique offrant du soutien aux militaires en difficulté et à leurs proches est désormais disponible 24 heures par jour.

Ce numéro — le 1-800-866-4546 — est offert par le Service de bien-être et moral des Forces canadiennes. Il met des conseillers formés à la disposition des soldats et de leurs familles, afin qu'ils puissent entrer en contact avec des services locaux, de l'aide communautaire ou des pasteurs militaires.

Indépendant des lignes déjà existantes pour les blessures liées au stress opérationnel et aux situations de crise, ce nouveau service est créé dans la foulée d'une série de suicides chez des anciens combattants.

L'expansion de la ligne téléphonique de soutien aux familles avait été annoncée en avril dernier, puis de nouveau en octobre dans le cadre de la Semaine nationale des familles. Mais une directive, dont La Presse Canadienne a obtenu copie, montre que le service n'a pris son envol qu'au cours des deux dernières semaines.

Marie-Hélène Brisson, une porte-parole de la Défense nationale, affirme que le ministère a petit-à-petit augmenté le nombre de postes, en plus de s'assurer que les procédures fonctionnaient bien, avant d'annoncer la disponibilité du nouveau service.

Selon elle, les ressources disponibles pour augmenter le nombre d'employés ont été libérées en réduisant les coûts de gestion.

On compte huit cas de suicides présumés au sein de l'armée au cours des deux derniers mois, ce qui a attiré l'attention du public sur les soins et les services offerts aux soldats et à leurs familles.

Mike Blais, président de l'organisme Canadian Veterans Advocacy, accueille favorablement le nouveau service, mais s'interroge sur le suivi assuré après la prise de contact initiale avec un conseiller de l'armée.

«C'est une chose d'améliorer l'accès à une ligne d'aide familiale, c'en est une autre de s'assurer que les ressources sociales et mentales seront disponibles rapidement», dit-il.

Dans un rapport déposé en 2012, l'ombudsman des anciens combattants, Pierre Daigle, faisait part de sa frustration face au «manque d'effectifs chronique de l'unité de santé mentale des forces». Le soutien pour les familles s'est grandement amélioré au cours des années, disait-il, mais il ne suffit pas de développer davantage des programmes pour qu'ils soient nécessairement «efficaces».

«Nous avons besoin de ressources adéquates qui peuvent être fournies rapidement», estime aujourd'hui M. Blais, qui n'a pas vu de grands progrès depuis le rapport de l'ombudsman Daigle.

Depuis 2002, le gouvernement a versé près de 110 millions $ pour améliorer les services en santé mentale au sein de l'armée.