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Nigeria: Des homosexuels présumés attaqués par la foule dans le Nord

23/01/2014 08:38 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Sept hommes jugés dans le nord du Nigeria pour avoir enfreint la loi islamique qui interdit l'homosexualité ont été attaqués à la sortie du tribunal par une foule en colère, a rapporté un représentant du tribunal jeudi.

"Au moment où les suspects sont sortis de la salle d'audience et se sont dirigés vers le bus de la prison, une foule d'une centaine de personnes s'est mise à leur jeter des pierres et à les insulter", a déclaré Abdul Mohammed à l'AFP, précisant que l'incident avait eu lieu mercredi.

Selon M. Mohammed, greffier de la haute cour de la charia (la loi islamique) de l'Etat de Bauchi, les sept hommes, en détention provisoire, font partie de douze personnes arrêtées dans cet Etat du nord du Nigeria depuis le début de l'année pour avoir enfreint cette loi.

"Les suspects ont été rapidement conduits dans le bus qui a vite quitté cette zone sous escorte, alors que la police dispersait la foule en colère à l'aide de gaz lacrymogène et en tirant en l'air" a-t-il ajouté.

La foule, qui réclamait la condamnation immédiate des prévenus, a pu être dispersée au bout d'une vingtaine de minutes, selon M. Mohammed.

Le président nigérian Goodluck Jonathan a promulgué ce mois-ci une loi interdisant les unions entre personnes de même sexe et restreignant les droits des homosexuels, une législation qui a été critiquée par les pays occidentaux et l'ONU.

Les homosexuels présumés de l'Etat de Bauchi sont cependant jugés selon la loi de la charia - appliquée en parallèle du système judiciaire fédéral dans plusieurs Etats du Nord - qui prévoit la peine de mort pour les homosexuels, même si celle-ci est rarement, voire jamais appliquée.

La semaine dernière, le même tribunal avait condamné un homme à 20 coups de fouet en public et une amende de 5.000 nairas (25 euros) pour avoir enfreint la loi islamique interdisant l'homosexualité.

Parmi les sept prévenus de mercredi se trouvait un proviseur, accusé d'appartenir à un club gay.

Lors d'une précédente audience, le proviseur avait plaidé non coupable alors que les quatre autres hommes qui l'accompagnaient avaient plaidé coupable.

Selon le juge, bien que quatre d'entre eux aient reconnu leurs torts, ce serait une parodie de justice que de les condamner pour des faits datant d'il y a quatre ans et pour lesquels ils se sont repentis, a rapporté M. Mohammed.

S'ils ne font l'objet d'aucune accusation plus récente, les prévenus devraient être libérés.

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