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Négociations sous forte pression en Ukraine après l'ultimatum de l'opposition

23/01/2014 02:59 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT
AFP via Getty Images
A Ukrainian opposition activist plays a saxophone during a truce between riot police and pro-EU protesters in Kiev on January 23, 2014. Ukrainian President Viktor Yanukovych demanded an extraordinary session of parliament to ease the crisis in the country after five days of deadly clashes between protesters and security forces. AFP PHOTO / VASILY MAXIMOV (Photo credit should read VASILY MAXIMOV/AFP/Getty Images)

Soumis à une forte pression, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a engagé jeudi des négociations avec l'opposition qui lui a posé un ultimatum après les scènes de guérilla urbaine ayant fait 5 morts la veille.

Les Européens ont enjoint à Kiev de se plier au dialogue avec les opposants, la chancelière Angela Merkel demandant "des résultats concrets, dont (...) le retrait" des lois anti-protestation adoptées la semaine dernière.

L'un des participants aux pourparlers avec le pouvoir, Vitali Klitschko, a déclaré vouloir "la fin de la terreur" et "la démission du gouvernement", que l'opposition exige après plusieurs jours de violents affrontements en plein centre de Kiev.

Avant l'ouverture de ces pourparlers, le président Viktor Ianoukovitch a reçu dans l'après-midi le président du Parlement Volodymyr Rybak et lui a demandé de convoquer les députés en vue d'une "résolution rapide" de la crise, pour une séance extraordinaire, selon un communiqué de la présidence.

M. Rybak a estimé que la question de la démission du gouvernement devrait faire partie des sujets abordés lors de cette séance, prévue mardi.

Autre signe d'apaisement, de la part de l'opposition cette fois, M. Klitschko a appelé à la mi-journée à une trêve le temps des négociations, promettant d'en communiquer le résultat avant 20H00 locales. Cette heure dépassée, la situation restait calme, les négociations n'étant pas finies.

S'exprimant rue Grouchevski, au coeur des violents heurts qui ont agité la capitale ukrainienne depuis dimanche, il a appelé au calme les manifestants massés derrière une barricade de pneus enflammés.

Avant l'annonce de cette trêve, la situation était restée encore tendue jeudi matin, avec des échanges de cocktails Molotov et pavés lancés par les manifestants et de grenades assourdissantes tirées par la police.

L'Union européenne a appelé une nouvelle fois au dialogue et a annoncé une visite de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, la semaine prochaine afin de faciliter les pourparlers.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a enjoint M. Ianoukovitch de "mener un dialogue au plus haut niveau" lors d'un appel téléphonique, et a obtenu l'assurance que le pouvoir n'allait pas décréter l'état d'urgence, selon la commission.

La chancelière allemande Angela Merkel a demandé au gouvernement ukrainien de "garantir les libertés fondamentales" et de "ne pas faire usage de violences".

"Une balle en plein front"

Intervenant mercredi soir devant des dizaines de milliers de personnes sur la place de l'Indépendance, Arséni Iatseniouk, chef de file du parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, avait donné "24 heures" au pouvoir pour faire cesser "le bain de sang".

"Si cette voie n'est pas celle qui est choisie (...) nous irons tous ensemble de l'avant, même si le résultat doit être une balle en plein front", a-t-il lancé à la foule.

Les manifestants dans le centre de Kiev paraissaient très déterminés jeudi. "Le pouvoir pense qu'on ne peut pas l'atteindre, qu'il est comme Dieu. Mais en fait il est comme Satan", a dit l'un d'eux.

Hors de la capitale, plusieurs milliers de personnes ont manifesté devant les bureaux de plusieurs gouverneurs régionaux, nommés par M. Ianoukovitch, notamment dans l'ouest de l'Ukraine ukrainophone, très favorable au mouvement de contestation.

A Lviv, ils ont envahi les bureaux du gouverneur, Oleg Salo, qui a présenté sa démission sous la menace d'une séquestration avant de se rétracter une fois libéré.

L'opposition réclame la convocation d'élections anticipées pour mettre fin à la contestation, née il y a deux mois du refus de M. Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'UE, et de sa décision de se tourner vers Moscou.

Le mouvement a repris de l'ampleur après l'adoption la semaine dernière de lois renforçant les sanctions applicables aux manifestants, et a tourné à la guérilla urbaine depuis dimanche.

Les affrontements se sont encore intensifiés mercredi. L'opposition a recensé cinq morts et environ 300 blessés. Selon le site Ukrainska Pravda, quatre des cinq personnes tuées avaient des blessures par balles.

Par ailleurs, un corps retrouvé en banlieue de Kiev mercredi a été identifié comme celui d'un militant disparu depuis plusieurs jours, selon ses proches interrogés dans des médias ukrainiens.

Les autorités ont fait état de 73 arrestations depuis dimanche suivies de 21 placements en détention.

L'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a appelé les présidents russe Vladimir Poutine et américain Barack Obama à intervenir personnellement pour une solution négociée.

La Russie, qui a accordé à l'Ukraine un plan de sauvetage financier de 15 milliards de dollars, a promis de son côté de ne pas intervenir.

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