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Les blogueurs arabes disent faire face à des attaques "sans précédent" du pouvoir

23/01/2014 02:12 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Des blogueurs arabes ont affirmé jeudi à Amman qu'ils faisaient face à des "attaques sans précédent" de la part des régimes de la région, trois ans après le début des soulèvements du Printemps arabe.

"Aujourd'hui, il y a des attaques sans précédent contre les militants en général et contre les cybermilitants en particulier", a déclaré Hicham al-Miraat, directeur de Global Voices, un réseau mondial de blogueurs.

Il s'exprimait à l'issue d'une réunion de quatre jours dans la capitale jordanienne au cours de laquelle 70 blogueurs de pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord ont discuté des moyens d'améliorer le militantisme en ligne et des enjeux auxquels ils sont confrontés.

"Les régimes et ceux qui les soutiennent ont réalisé, après le début du Printemps arabe, que l'internet était une menace pour eux. Pour y faire face, de nombreuses lois répressives ont été adoptées, la censure a été renforcée comme les restrictions à la liberté d'internet", a-t-il ajouté.

M. Miraat a cité à ce propos le militant syrien Bassel Safadi, emprisonné en Syrie depuis 2012, ou l'Egyptien laïque Alaa Abdel Fattah, une des figures de la révolte de 2011 contre l'ex président Hosni Moubarak. Ce dernier est notamment détenu pour avoir participé à une manifestation interdite fin novembre.

"On les a fait taire non pas parce qu'ils ont commis un crime mais parce qu'ils étaient considérés comme une menace pour ces régimes", a-t-il déclaré.

"Les gouvernements arabes savent maintenant que les cybermilitants peuvent créer le changement, donc il y a plus de surveillance. Nous devons être préparés à ce défi", affirme un blogueur égyptien, Mohammad al-Gohary.

Pour la militante des droits de l'Homme Leila Nachawtai, l'objectif des participants à la réunion est de "combattre les dictatures au nom des libertés, notamment la liberté d'expression". Elle se dit "optimiste" malgré "les pressions".

De nombreux militants dans la région affirment que les réseaux sociaux ont contribué à maintenir l'élan du Printemps arabe, qui a conduit à la chute des régimes en place en Tunisie, Egypte, Libye et au Yémen.

"Les dictatures savent maintenant qu'elles peuvent réduire au silence une voix importante en contrôlant les cybermilitants", déclare le blogueur syrien Marcell Chehwaro. "Au début du Printemps arabe, nous pensions que nous pourrions retrouver notre liberté d'expression. Nous avions tort".

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