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Le régime syrien affirme que les négociations de paix ne sont pas sa priorité

23/01/2014 10:25 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

GENÈVE - Le gouvernement syrien affirme que sa priorité est de combattre le terrorisme et non de participer aux négociations de paix en Suisse.

Les commentaires faits jeudi par le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Moallem, jettent une ombre sur les efforts des Nations unies pour trouver une issue à la guerre civile en Syrie, qui a déjà fait au moins 130 000 morts en trois ans.

Au lendemain de l'ouverture de la conférence de paix à Montreux, qui a été marquée par des échanges enflammés sur l'avenir du président Bachar el-Assad, le médiateur de l'ONU, Lakhdar Brahimi, a rencontré les deux parties séparément à Genève jeudi. Des premières négociations directes entre les représentants du gouvernement syrien et de l'opposition depuis le début du conflit, prévues vendredi, semblaient peu probables.

M. Al-Moallem, qui participe aux discussions, a déclaré que la Coalition nationale syrienne ne représentait pas l'opposition et que les efforts visant à trouver une solution politique au conflit étaient prématurés.

La priorité du gouvernement syrien «est de combattre le terrorisme», a déclaré le ministre, dont les propos ont été rapportés par l'agence de presse officielle syrienne.

«Cela ouvrira la voie au lancement d'un processus politique et d'un dialogue national syrien sans intervention étrangère», a-t-il ajouté.

Le régime syrien accuse les pays occidentaux d'être responsables de l'afflux d'extrémistes étrangers qui ont grossi les rangs de la rébellion, et affirme que sa chute transformerait la région en refuge pour les combattants d'Al-Qaïda.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a répliqué en accusant le président El-Assad d'être un «aimant pour le terrorisme» qui pourrait être responsable de la désintégration de la Syrie.

La veille, à l'ouverture de la conférence, M. Kerry avait déclaré que Bachar el-Assad avait perdu toute légitimité pour jouer un rôle dans un futur gouvernement de transition.

Le secrétaire d'État a affirmé jeudi, lors d'une entrevue avec la chaîne de télévision Al-Arabiya, que le président syrien devait agir dans le meilleur intérêt de son pays et accepter que le long règne de sa famille en Syrie est maintenant terminé.

M. Brahimi a indiqué que ses rencontres privées de jeudi devraient permettre de déterminer si les deux camps sont prêts à s'asseoir à la même table.

«En ce qui concerne la rapidité avec laquelle nous pouvons obtenir des résultats qui donneraient de la joie et de l'espoir au peuple syrien, je ne peux vous le dire», a-t-il concédé.

Le chef de la Coalition nationale syrienne a déclaré qu'il donnerait à son équipe de négociateurs toute l'autorité requise pour négocier avec le gouvernement.

Ahmad al-Jarba a affirmé jeudi qu'il n'avait pas d'échéancier précis en tête, mais qu'il avait déjà pris la difficile décision de s'engager pleinement dans les discussions.

Un autre membre de la coalition, Haitham al-Maleh, a estimé qu'il pourrait ne pas y avoir de négociations directes comme prévu vendredi, et que le médiateur de l'ONU pourrait continuer de faire la navette entre les deux camps.

«Je ne pense pas que nous soyons prêts pour ça. Le fossé est trop grand», a dit M. Al-Maleh, un vétéran de l'opposition qui a passé de nombreuses années dans les prisons syriennes.

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