NOUVELLES

Le pape qualifie Internet de "don de Dieu" et appelle les catholiques à être "citoyens du numérique"

23/01/2014 06:12 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

Le pape François a appelé jeudi les catholiques à être des "citoyens du numérique" constructifs, en utilisant Internet, qualifié de "don de Dieu", pour manifester leur solidarité.

Le pape argentin rendait public son premier message sur les communications sociales, traditionnellement délivré chaque année à l'occasion de la fête de Saint-François de Sales, patron des journalistes. Il est intitulé "la communication au service d'une authentique culture de la rencontre".

Dans ce message qui aborde le phénomène des réseaux sociaux sur un ton confiant, François affirme que "l'Internet peut offrir plus de possibilités de rencontre et de solidarité entre tous, et que c'est une bonne chose, un don de Dieu".

L'Eglise, qui "ne doit pas être autoréférentielle", rappelle une nouvelle fois François --lui-même suivi par plus de dix millions d'internautes sur Twitter)-- doit s'engager sur Internet, "pour porter à l'homme blessé" sur la route numérique "l'huile et le vin": "que notre communication soit une huile parfumée pour la douleur et le bon vin pour l'allégresse", remarque-t-il dans une formule inspirée de l'Evangile.

Il insiste sur l'exclusion, la désorientation, le conditionnement, l'enfermement, l'ignorance de l'autre qui peuvent proliférer sur la Toile.

Le message évangélique n'a pas besoin d'être l'objet de "trucages ou d'effets spéciaux", il ne s'agit pas non plus de "bombarder de messages religieux" les réseaux sociaux", avertit aussi le pape, demandant aux chrétiens d'être "convaincus que l'autre a quelque chose de bon à dire".

Il prône le vrai dialogue croyants/non croyants: "Dialoguer ne signifie pas renoncer à ses propres idées et traditions, mais à la prétention qu'elles soient uniques et absolues". Une phrase que les catholiques les plus traditionnels risquent de lui reprocher. Car elle prête le flanc, selon eux, à l'accusation récurrente de relativisme à son encontre.

Selon Mgr Claudio Maria Celli, président du Conseil pontifical pour les communications sociales, ce message n'est pas relativiste mais simplement inspiré de l'Evangile et "profondément franciscain".

Il puise dans l'esprit du Concile Vatican II (1962-65), en choisissant le thème central de "la proximité" avec l'homme contemporain. "C'est une Eglise aux portes ouvertes où tous puissent entrer" que préconise le pape argentin, a-t-il expliqué.

Le prélat a souligné l'influence dans ce message des papes du Concile, Jean XXIII que François canonisera en avril, et Paul VI. "François est un pape de l'incarnation" et l'Eglise doit de faire accueillante pour les gens "quelles que soient les conditions de vie où ils se trouvent".

Le pape est très lucide sur les "agressions" multiples via internet. Mgr Celli a encore cité ce passage clé du message du pape: "lorsque la communication est destinée avant tout à pousser à la consommation ou à la manipulation des personnes, nous sommes confrontés à une agression violente sur les routes numériques (...) Notre rayonnement provient de notre capacité de nous faire proche de toute personne blessée, avec amour, avec tendresse. N'ayez pas peur de devenir des citoyens du territoire numérique!", exhorte-t-il.

Comme son prédécesseur Benoît XVI, il conseille aux internautes de "retrouver un certain sens de la lenteur et du calme" dans ce monde d'instantanéité.

jlv/fka/abk

PLUS:hp