NOUVELLES

Le fils de « Pépé » attire l'attention

23/01/2014 09:15 EST | Actualisé 25/03/2014 05:12 EDT

BARRIE, ON - « Quand je le vois, c'est comme si je me regardais jouer, mais avec un bâton de gaucher plutôt que de droitier. »

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

On pourrait vous ensevelir de commentaires de dépisteurs, d'entraîneurs, qui comparent Brendan Lemieux à son père, Claude. Mais lorsque le paternel lui-même soutient la comparaison, pourquoi aller voir plus loin?

Au premier contact, on voit vite, d'abord par son visage, que la pomme n'est pas tombée loin de l'arbre. Et avec une fougue comparable à celle de son père, avec un certain flair autour du filet, Brendan Lemieux attire de plus en plus l'attention des recruteurs.

Porte-couleurs des Colts de Barrie, dans la Ligue junior de l'Ontario, le jeune homme de 17 ans s'est pointé au 38e rang du classement de mi-saison de la Centrale de recrutement de la LNH. On a même jugé bon de l'inviter au match des espoirs du circuit junior canadien à Calgary, où il a inscrit un but.

En 40 matchs cette saison, Brendan Lemieux a empilé 31 points, mais aussi 80 minutes de pénalité.

« Je ne te dis pas qu'il va devenir Claude Lemieux. Il va devenir Brendan, rappelle un recruteur de la LNH, sous le couvert de l'anonymat. Mais il patine de la même façon, il a la même fougue. Il a encore beaucoup de progrès à faire, mais il en a fait beaucoup depuis un an. »

« C'est une peste, ajoute Dan Marr, de la Centrale de recrutement de la LNH. C'est dur de lui enlever la rondelle. Mais ce n'est pas non plus un agitateur, il n'est pas dangereux. C'est un Steve Ott, avec un certain contrôle. »

Une relation privilégiée

Pour Brendan, Claude Lemieux est plus qu'un père. C'est une idole, un modèle à suivre, et même un entraîneur. Il suffit de l'entendre parler des exploits de « Pépé », même s'il n'était pas encore dans le ventre de sa mère quand l'illustre paternel a remporté le trophée Conn-Smythe, en 1995.

« Il jouait contre Mark Messier et trouvait une façon de le déranger, raconte le jeune homme de 1,86 m et 95 kg (6 pi 1 po, 210 lb). Il dérangeait les autres, était le meilleur marqueur en plus de neutraliser les meilleurs joueurs adverses. 1995 est un bon exemple. Je veux déranger l'autre équipe, être robuste, bon en défense et marquer quelques buts. »

C'est pendant ses années bantam et midget que Brendan a le plus appris de Claude, qui était alors l'entraîneur-chef de son équipe dans la région de Toronto.

« Je lui ai enseigné à la dure, explique Claude, au téléphone. Je lui ai toujours dit qu'il doit comprendre qu'il doit travailler fort, que son comportement hors glace doit être impeccable. Si tu joues pour moi, je vais te faire la vie dure. Donc si tu joues bien pour moi, tu vas réussir partout. Il a compris qu'il doit se présenter tous les jours, pas juste une fois par semaine. »

Et quand Lemieux dit qu'il n'a pas ménagé son fils, il n'exagère pas.

« Je l'ai cloué au banc, je lui ai fait manquer des matchs. Sa mère n'était pas toujours d'accord! »

En retrait

Aujourd'hui, Claude Lemieux suit toujours autant son fils, mais garde une certaine distance. Il quitte son domicile de la Californie environ une fois par mois pour voir jouer Brendan en personne. « Je regarde ses autres matchs dans Internet », ajoute-t-il.

C'est qu'il sait son fils entre bonnes mains, avec le légendaire Dale Hawerchuk comme entraîneur-chef.

« Tu ne peux pas avoir trop de chefs et pas assez d'indiens, rappelle Pépé. Je connais bien Dale, on était de bons amis avant qu'il coache Brendan. Je soutiens sa façon de diriger les jeunes, ils sont chanceux de l'avoir, car ils n'en auront jamais un meilleur que lui. »

Aujourd'hui, Lemieux occupe le poste de président nord-américain de 4 Sports Management, une firme de représentation d'athlètes, dont fait notamment partie l'agent de joueurs Ritch Winter. Il n'est toutefois pas accrédité auprès de l'Association des joueurs et ne se mêle donc pas aux négociations de contrats.

PLUS:rc